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Côte d'IvoireLe procureur de la CPI autorisé à enquêter

Le procureur de la Cour pénale internationale a été autorisé à enquêter sur des crimes commis lors des violences qui avaient suivi l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire fin 2010.

«Le 30 septembre 2011, la chambre préliminaire III de la Cour pénale internationale (CPI) a fait droit à la requête du Procureur aux fins de l'ouverture d'une enquête sur les crimes présumés relevant de la compétence de la Cour qui auraient été commis en Côte d'Ivoire depuis le 28 novembre 2010», a indiqué la CPI dans un communiqué.

Le procureur Luis Moreno-Ocampo avait demandé le 23 juin aux juges de l'autoriser à mener une enquête sur des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, commis à la suite de la présidentielle du 28 novembre 2010, dont sont accusés le camp de l'ex-président Laurent Gbagbo et du président Alassane Ouattara.

Plus de 3.000 personnes avaient été tuées lors des violences qui avaient suivi le refus de M. Gbagbo de céder le pouvoir après le scrutin de novembre 2010, selon le bureau du procureur de la CPI.

Les juges ont par ailleurs demandé au procureur de leur «fournir toute information supplémentaire à sa disposition sur des crimes qui pourraient relever potentiellement de la compétence de la Cour et qui auraient été commis entre 2002 et 2010». (afp)

Le gouvernement Ouattara n'a ni «gêne» ni «crainte»

Le gouvernement du président ivoirien Alassane Ouattara a salué lundi la décision de la Cour pénale internationale (CPI) d'ouvrir une enquête sur les crimes de la crise post-électorale et dit n'avoir ni «gêne» ni «crainte» alors que des figures de son camp pourraient être inquiétées.

«En tant que garde des Sceaux, je ne peux qu'être heureux de voir la CPI autoriser le procureur à venir enquêter sur les événements post-électoraux», a déclaré à l'AFP le ministre de la Justice, Jeannot Ahoussou Kouadio. «Nous n'avons aucune gêne, aucune crainte», a-t-il martelé.

Les enquêteurs de la CPI «feront leur travail en toute transparence avec le soutien ferme et fort du gouvernement», a-t-il assuré.

Réclamée par M. Ouattara, l'enquête ne sera pas «sélective», «elle va s'ouvrir à tout le monde et prendra en compte toute personne qui aura commis un crime contre l'humanité, fût-elle un frère du président Ouattara», a affirmé le ministre.

«On doit mettre définitivement fin à ce genre de crimes contre l'humanité dans les pays en voie de développement» et dissuader «tous les autocrates qui veulent se maintenir par la force et par la violence», a poursuivi M. Ahoussou. «Plus jamais ça en Côte d'Ivoire!»

Plusieurs personnalités du camp Ouattara, dont des militaires issus de l'ex-rébellion de 2002, ont été mises en cause par des ONG internationales, notamment Chérif Ousmane. Très proche du président, il fut chef de guerre dans le Nord après le putsch raté de 2002 et est désormais numéro 2 de la garde présidentielle.

Née du refus de l'ex-président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite au scrutin de novembre 2010, et conclue en avril par deux semaines de guerre, la crise a fait au moins 3.000 morts selon les Nations unies.

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