Actualisé 13.10.2012 à 21:02

EgypteLe procureur général restera à son poste

Après un accord avec le président égyptien, qui voulait le voir démissionner, le procureur général conservera son poste.

Abdel Meguid Mahmoud a risqué sa place.

Abdel Meguid Mahmoud a risqué sa place.

Le procureur général égyptien Abdel Meguid Mahmoud a été maintenu samedi à son poste, à l'issue d'une rencontre avec le président Mohamed Morsi. Cet accord a mis fin à une nouvelle crise en Egypte opposant l'exécutif au pouvoir judiciaire.

Le chef d'Etat a démis jeudi M. Mahmoud, le nommant ambassadeur au Vatican, une décision qui avait ravivé les tensions entre les juges nommés sous le régime du président déchu Hosni Moubarak et M. Morsi, qui a tenté en vain de rétablir le Parlement dominé par les islamistes mais dissous par décision de justice.

Aussitôt après l'annonce de son limogeage, le procureur général avait déclaré qu'il restait à son poste, affirmant que «selon la loi, un membre du corps judiciaire ne peut pas être démis par le pouvoir exécutif».

Samedi, il a affirmé à la presse avoir rencontré le président Morsi, à l'initiative de ce dernier, ainsi que le vice-président Mahmoud Mekki, «et nous avons convenu que je restais à mon poste puisque je le souhaitais». Il a déclaré qu'il n'abandonnerait ses fonctions que «s'il était assassiné».

«Un malentendu» évoqué

De son côté, M. Mekki a évoqué lors d'une conférence de presse «un malentendu», «la présidence avait été informée que le procureur avait accepté de quitter son poste, c'est pour cela qu'il a été nommé ambassadeur au Vatican».

«L'indépendance du pouvoir judiciaire est un objectif essentiel» pour la présidence, a-t-il assuré accusant «certaines forces politiques» qu'il n'a pas identifiées de «chercher à entraîner le pouvoir judiciaire dans la bataille politique».

Vendredi, le procureur général avait affirmé dans un communiqué avoir reçu des «menaces directes et indirectes» de hauts responsables le poussant à accepter son limogeage.

L'institution judiciaire s'était, elle, rangée aux côtés de M. Mahmoud au nom de «la souveraineté de la Loi et du principe de séparation des pouvoirs», avait expliqué Ahmed al-Zind, à la tête du Club des juges, au quotidien Al-Ahram de vendredi.

Attaques place Tahrir

Le Club des juges s'était vivement opposé à l'élection en juin de M. Morsi, qui avait appelé à rejuger M. Moubarak et les responsables de son régime pour la mort de près de 850 personnes lors du soulèvement de janvier-février 2011.

La décision de limoger le procureur général est intervenue après l'acquittement mercredi de figures du régime Moubarak, accusées d'avoir envoyé des hommes de main à dos de chameau pour attaquer les manifestants place Tahrir l'an dernier en pleine révolte.

M. Mahmoud était accusé par plusieurs militants de continuer à soutenir le régime Moubarak et d'avoir été à l'origine de l'insuffisance des preuves présentées par le parquet dans les procès de responsables accusés d'implication dans la mort de manifestants lors de la révolte anti-Moubarak en 2011.

(ats/afp)

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