Actualisé 09.05.2007 à 21:09

Le procureur pas d'accord

GENEVE – Le pouvoir judiciaire critique vigoureusement le rapport sur la prison de Champ-Dollon.

«Ce document est le fruit d'excellents théoriciens mais il n'a pas de lien avec la réalité du terrain», a ironisé hier le procureur général de la République, Daniel Zappelli.

Le bureau du Grand Conseil avait mandaté le professeur en droit pénal Christian-Nils Robert, le médecin et juriste Jean-Pierre Restellini et Barbara Bernath, collaboratrice à l'Association pour la prévention de la torture, dans le but de faire un diagnostic sur les conditions d'incarcération à Champ-Dollon. Le rapport, publié le mois dernier, critique sévèrement le fonctionnement de la police et de la magistrature. Cette dernière est accusée de recourir trop souvent à la prison préventive et pour de trop longues durées. Le procureur général a stigmatisé une certaine «naïveté» des experts. «La criminalité a augmenté de 60% en dix ans à Genève. Les effectifs de police et de magistrats, eux, n'ont pas évolué dans les mêmes proportions durant ce laps de temps. Cette réalité est inexistante dans le rapport», a-t-il rappelé. Précisant qu'il n'adhère pas à «la philosophie» des experts consistant à ne pas tenir compte des victimes.

Pour Daniel Zappelli, les problèmes concernant la lenteur de traitement des dossiers, ne sont pas dus aux dysfonctionnements de la justice, mais à un manque de personnel. «Nous avons déposé un projet de loi auprès du Conseil d'Etat pour la création de deux postes supplémentaires de juges d'instruction», a-t-il annoncé. Actuellement, ces derniers sont au nombre de quinze. Le gouvernement cantonal devait plancher hier matin sur cette demande du Palais de justice.

Renaud Bournoud

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