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NeuchâtelLe procureur Pierre Cornu rend son tablier

Le procureur général à Neuchâtel Pierre Cornu a présenté mardi, à la surprise générale, sa démission. Il souhaite intégrer une organisation sportive.

Pierre Cornu veut rejoindre  une organisation sportive dès le 1er juin 2011.

Pierre Cornu veut rejoindre une organisation sportive dès le 1er juin 2011.

Le procureur général de Neuchâtel Pierre Cornu a présenté mardi à la surprise de tous sa démission. Entré dans la magistrature en 1987, il avait été élu à la tête du Ministère public de ce canton en 1997. Il entend rejoindre dès le 1er juin 2011 une organisation sportive.

Son départ sera effectif au 31 mai 2011, précise le magistrat libéral-radical de 50 ans dans sa lettre de démission qu'il a adressée mardi au Grand Conseil.

«Au moment d'achever mon parcours judiciaire, je tiens à dire mon profond attachement à notre canton, à ses institutions et à sa population. J'ai essayé de les servir avec engagement», écrit Pierre Cornu dans sa missive.

Le magistrat ne tient pas à révéler pour l'heure le nom de l'organisation privée pour laquelle il s'est engagé. Ayant signé son nouveau contrat le 23 décembre, il souhaite laisser à son nouvel employeur le temps d'informer par lui-même, a-t-il expliqué à l'ATS.

Successeur de Thierry Béguin

Le Neuchâtelois a officié durant dix ans comme juge d'instruction, avant d'être élu procureur du canton en 1997 en remplacement de Thierry Béguin après l'accession de ce dernier au Conseil d'Etat. Interrogé sur ses 13 ans passés à la tête du Ministère public neuchâtelois, le magistrat retient surtout le facteur humain.

«Durant mon activité, j'ai vécu beaucoup d'expériences humaines positives comme négatives», a-t-il déclaré. Plus que les affaires économiques qu'il a été amené à traiter, les homicides ou les abus sexuels sur enfants ne «l'ont pas laissé indifférent», selon ses mots.

Interrogé sur les révélations autour de Frédéric Hainard qui ont fait grand bruit ces derniers mois dans la presse, le procureur estime qu'il s'agit d'»une affaire parmi beaucoup d'autres, même s'il est question d'un ancien conseiller d'Etat».

Pour Thierry Béguin, surpris par la nouvelle de ce départ, Pierre Cornu aura été un «digne successeur», «à la hauteur de sa tâche», «très engagé». Il suppute que ce passionné de football aura trouvé chaussure à son pied dans les multiples instances de ce sport existant en Suisse.

Deux options

Pour la succession, le Conseil de la magistrature a deux options: soit nommer quelqu'un au sein des magistrats judiciaires neuchâtelois, selon la procédure dite de «mobilité interne», soit transmettre l'affaire au Grand Conseil qui organisera une élection.

Outre les nombreuses affaires qu'il a traitées dans son canton, Pierre Cornu s'est aussi fait connaître par un rapport d'experts sur les dysfonctionnements de la justice fribourgeoise en 2000.

Il a par ailleurs été à plusieurs reprises mandaté pour enquêter sur des violations du secret de fonction dans le cadre de l'affaire Blocher-Roschacher et plus récemment sur l'affaire Tinner. L'un de ces mandats est d'ailleurs encore pendant, mais il devrait être terminé à temps.

Pas de chance en politique

En politique, ce sympathisant du PLR n'a pas eu autant de succcès: il avait été évincé en 2009 dans le choix des candidats pour succéder à Didier Burkhalter au Conseil des Etats. Le parti lui avait préféré le jeune Raphaël Comte.

Les libéraux-radicaux neuchâtelois ont d'ailleurs appris la nouvelle en même temps que les médias. «Ami et fidèle du PLR, nous regrettons le départ d'un magistrat apprécié et lui souhaitons évidemment plein succès dans sa nouvelle activité professionnelle», a indiqué leur président Damien Humbert-Droz.

M. Cornu a également effectué plusieurs missions pour le Conseil de l'Europe notamment en matière de réforme de la justice dans les pays d'Europe de l'Est. (ats)

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