Procès Rappaz: Le procureur requiert dix ans de réclusion contre le chanvrier
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Procès RappazLe procureur requiert dix ans de réclusion contre le chanvrier

Le ministère public valaisan a requis dix ans de réclusion contre le chanvrier Bernard Rappaz, jeudi lors de son procès en appel devant le tribunal cantonal à Sion (VS).

La défense a plaidé l'acquittement du prévenu.

L'affaire, jugée en première instance en novembre 2006, remonte aux années 1996 à 2001. La police avait alors séquestré 50 tonnes de chanvre. Bernard Rappaz avait admis en avoir vendu cinq tonnes durant cette période.

Le procureur Olivier Elsig, qui avait déjà requis dix ans de prison ferme en première instance, n'a pas mâché ses mots, qualifiant le chanvrier de «criminel endurci». «Bernard Rappaz est le plus important pourvoyeur de cannabis en Suisse. C'est un personnage complexe, aux nombreuses facettes plus sombres les unes que les autres».

Prêt à faire la grève de la faim

Sur la base d'un épais dossier où sont consignées «une avalanche de preuves sur les agissement illicites» du chanvrier, le procureur accuse Bernard Rappaz de violation grave de la loi fédérale sur les stupéfiants, de gestion déloyale et de blanchiment d'argent.

Le ministère public a insisté sur le chiffre d'affaires des ventes de chanvre effectuées, soit 4,2 millions de francs, et sur le bénéfice réalisé estimé à quelque 2 millions de francs. Des chiffres que l'avocat de Bernard Rappaz n'as pas commenté.

Le prévenu, condamné à cinq ans et huit mois de réclusion en première instance, a affirmé ne pas s'être enrichi avec les ventes de chanvre, l'argent ayant essentiellement couvert les frais de production. Il dément avoir agi par appât du gain.

Le prévenu a déclaré ne pas pouvoir imaginer se retrouver encore en prison. «Je recommencerai une grève de la faim et peut-être que je mourrai en martyre du chanvre».

De la poudre aux yeux

Son défenseur a fait de Bernard Rappaz le portrait d'un homme avant-gardiste, pionnier de l'agriculture biologique, du chanvre et des énergies renouvelables. Un homme idéaliste, croyant dur comme fer aux vertus du chanvre, même s'il ne le cultive plus depuis une année, et porté par un contexte politique alors favorable à la dépénalisation du cannabis.

«Mon client ne doit pas être jugé comme un trafiquant de drogue dure. Il mérite la clémence et l'indulgence des juges». Le défenseur, commis d'office, a réclamé non seulement l'acquittement de son client mais aussi une indemnité couvrant la procédure. «Mon client est sur la paille, il est fauché».

«Rappaz a produit et vendu du cannabis et savait que c'était illégal. Le reste n'est que de la poudre aux yeux», a lancé le procureur. En plus des dix ans de prison ferme, il a réclamé une créance compensatrice de 500 000 francs.

Pour les deux co-accusés, le ministère plublic a demandé la confirmation du jugement de première instance. Soit respectivement 18 mois d'emprisonnement avec sursis pendant cinq ans et 360 jours- amende à 70 francs avec sursis pendant deux ans. Le jugement sera rendu utlérieurement.

(ats)

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