Actualisé 03.12.2014 à 05:05

Neuchâtel

Le projet de budget 2015 sous le signe de l'austérité

Le Grand Conseil neuchâtelois a examiné mardi le programme d'exercice pour l'an prochain. Il prévoit un déficit de 11,8 millions de francs pour un total de charges de 2,15 milliards de francs.

Le montant des charges représente une augmentation de 2,6% par rapport au budget précédent. La hausse est légèrement inférieure à celle des revenus, qui progressent de 2,8% à 2,14 milliards. Elaboré par le gouvernement à majorité de gauche, le projet d'exercice pour 2015 inaugure une stratégie de limitation de la croissance des charges voulue par la majorité de droite du parlement, avec l'appui d'une partie du groupe socialiste.

Le programme d'économie de 164 millions de francs sur le budget de fonctionnement prendra plusieurs années, a indiqué le ministre socialiste des finances Laurent Kurth, lors du débat d'entrée en matière. Au nombre des mesures prévues par le gouvernement figurent notamment la limitation à 0,5% par année de la progression de la masse salariale et la division par deux, à 4%, de la croissance des charges de l'aide sociale.

Maîtrise des charges

L'augmentation automatique des charges de fonctionnement atteindra 140 millions de francs d'ici 2018 si rien n'est entrepris pour en limiter la progression, a déclaré Laurent Kurth. Selon lui, le gouvernement n'a d'autre choix que de mettre en oeuvre la nouvelle législation financière adoptée en prévision de réformes structurelles.

Le budget 2015 devrait être approuvé mercredi par l'ensemble de la droite, PLR, UDC et Verts libéraux. Le déficit prévu de 11,8 millions de francs se situe dans les limites du frein à l'endettement, selon lequel l'excédent de dépenses ne peut être supérieur à 0,5% des recettes. A gauche, une majorité du groupe POP-Verts-Sol devrait refuser le décret en préparation, que devrait approuver en revanche une large frange du groupe socialiste.

Critiques

La gauche a globalement reproché au budget 2015 un manque d'équilibre dans les sacrifices et l'absence de marge de manœuvre dans la gestion des affaires publiques. La droite de son côté a déploré l'insuffisance de mesures de restructuration en profondeur du budget de fonctionnement et du rôle de l'Etat.

Le programme d'exercice pour l'an prochain prévoit des investissements d'un montant de 72,1 millions de francs, pour un taux d'autofinancement de 70,4%. La croissance des investissements, qui sont restés inférieurs à 60 millions de francs pendant plusieurs années, a été rendue possible grâce à la nouvelle loi financière et à la réduction partielle du déficit structurel.

Manifestation

A l'ouverture de la session consacrée au budget, environ cinq cents employés de la fonction publique principalement des enseignants et des policiers ont manifesté contre la limitation à 0,5% par an de la progression de la masse salariale. Rassemblés dans la cour du Château, les protestataires ont dénoncé l'absence de discussions entre le gouvernement et la fonction publique. (ats)

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