Eaux-Vives (GE): Le projet de quartier sans arbre contesté
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Eaux-Vives (GE)Le projet de quartier sans arbre contesté

Une association s'oppose au PLQ d'un nouveau quartier résidentiel des Eaux-Vives, qui prévoit cinq arbres pour 25'000 mètres carrés de surface.

par
lfe
Le secteur concerné est situé entre le chemin Frank-Thomas et l'avenue Rosemont.

Le secteur concerné est situé entre le chemin Frank-Thomas et l'avenue Rosemont.

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Cinq arbres pour 2,5 hectares de surface à bâtir. C'est le ratio qui ne passe pas. En haut des Eaux-Vives, derrière la gare, le plan localisé de quartier (PLQ) d'une nouvelle zone de logements est attaqué par une association locale, qui a formulé son opposition dans un courrier au Conseil d'Etat.

L'Association de Sauvegarde du Quartier de Rosemont Frank-Thomas et Frisco (ASQR) juge le PLQ mauvais et obsolète. Les cinq feuillus promis pour 25'000 m2 de surface bâtie sont «une hérésie», selon elle, à l'heure de l'Urgence climatique pourtant déclarée par le Conseil municipal de la Ville de Genève et par le gouvernement cantonal. Mais l'association déplore aussi le manque d'information aux riverains et, surtout, leur absence totale du processus décisionnaire. En clair, les habitants auraient dû être consultés. Une initiative populaire cantonale déposée mi-janvier va dans ce sens (lire encadré).

Immeubles jugés trop hauts

ASQR critique également les variations entre projet promis et projet final, citant la hauteur des immeubles, poussée à sept ou huit étages contre les cinq initialement prévus. «Une importance démesurée est accordée aux voitures, ajoutent les opposants, en créant des entrées de parking dans une ruelle sans issue, sans tenir compte de la mise en service de la gare des Eaux-Vives ni de la desserte TPG» toute proche.

Le look du quartier, qui serait composé de barres d'immeubles, fait enfin bondir les détracteurs du PLQ. «L'urbanisme de barres d'immeubles tels que posé sur le plan n'intègre aucun vie de quartier, ni d'environnement verdoyant», déplorent les détracteurs du projet. Une critique au diapason de l'initiative populaire déposée. Antonio Hodgers, conseiller d'Etat en charge du territoire, «s'est engagé en novembre dans la Tribune de Genève à réexaminer tous les anciens PLQ», rappelle ASQR.

La Ville de Genève avait notamment reconnu mi-décembre que le nombre d'arbres prévus aux Eaux-Vives ne correspondait pas à sa volonté de verdir la cité. Mais elle invoquait un PLQ vieux de 10 ans et «archi-compliqué».

Pour des projets alternatifs

Ce recours s'inscrit dans la droite ligne de l'initiative populaire déposée mi-janvier par plusieurs associations soucieuses du développement urbanistique de Genève. Intitulée «Pour un urbanisme plus démocratique», elle réunit Sauvegarde Genève, SOS Patrimoine-Contre l'enlaidissement de Genève et Pic-Vert. Elle souhaite donner plus de poids aux communes et aux propriétaires dans le processus d'élaboration des plans localisés de quartier (PLQ), aujourd'hui régenté par l'Etat. L'initiative propose qu'à l'avenir, si un PLQ déplaît à une commune ou aux propriétaires concernés, ceux-ci disposent de douze mois pour faire une (ou plusieurs) proposition(s) alternative(s). Si l'Etat se range à leur avis, cette dernière est adoptée. Sinon, une votation communale est organisée pour départager les projets, comme pour un concours d'urbanisme.

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