Actualisé 23.05.2019 à 12:10

EnvironnementLe projet écolo de Migros dérange les anti-plastique

Les recettes de la vente de sacs jetables seront utilisées pour soutenir des organisations environnementales. L'idée provoque des réactions outrées.

de
Yannick Weber
Les recettes des ventes de sacs sont reversées à des projets écologiques.

Les recettes des ventes de sacs sont reversées à des projets écologiques.

DR

«Nous versons le produit de la vente des sacs en plastique à 5 centimes à des projets environnementaux judicieux. En connaissez-vous un? Alors postulez maintenant pour recevoir un soutien financier.» Migros, via son programme Génération M, s'est attiré les foudres de centaines d'internautes à la suite de son appel à candidatures destiné à des organisations environnementales. «Donc pour soutenir un projet écologique, je dois acheter des sacs plastique?» se demande un commentateur perplexe sur Facebook.

Principale accusation des personnes irritées: l'initiative serait une piètre démarche de «greenwashing», stratégie marketing par laquelle une entreprise s'affiche comme étant écolo pendant que la réalité derrière les discours est plus contrastée. «Personne n'est dupe», selon un internaute. «On ne fait pas de greenwashing, car tous nos engagements sont communiqués et évalués sur notre site. Certains sont parfois peu spectaculaires au niveau marketing, mais importants pour la planète. Nous annonçons aussi bien ceux que l'on a remplis que ceux qui se sont soldés par un échec. L'avancement de nos promesses est d'ailleurs évalué par un institut indépendant», indique Tristan Cerf, porte-parole de Migros.

A partir de patates

Sur Facebook, une déferlante de messages demandent l'abandon pur et simple des sacs jetables ou de les remplacer par du biodégradable. «La charge environnementale liée à la fabrication de bioplastique est élevée. La culture des matières premières nécessaires, principalement du maïs ou de la canne à sucre, engendre beaucoup plus d'émissions. L'écobilan du bioplastique est généralement plus mauvais que celui du plastique conventionnel», leur répond Migros.

Si la vente de sacs plastique relève d'un accord de branche au niveau national (lire encadré), des initiatives locales existent pourtant et sont déjà implémentées par le géant orange. Des sacs fabriqués à partir d'épluchures de patates recyclées sont distribués chez Migros Vaud. Quant à Migros Genève, elle a déjà banni les sacs plastique jetables aux caisses depuis 2009.

Toutes les recettes redistribuées

Migros ne gagne pas d'argent sur la vente de sacs en plastique aux caisses. La coopérative en fait don à des organisations pour mettre en place des projets écologiques. Pour 2019, elle vient de lancer son appel à candidatures, qui court jusqu'en juillet. Les clients pourront ensuite voter en ligne pour leur initiative préférée. En 2018, c'est ainsi plus de 400'000 francs qui ont été distribués à quatre organisations qui défendaient la biodiversité, la protection des eaux et la sensibilisation.

Diminution drastique

Pour éviter une interdiction totale qui avait été demandée au Parlement, les géants du commerce de détail, dont Coop, Migros, Denner et Manor, avaient signé en 2016 une convention par laquelle ils s'engageaient à ne plus distribuer de sacs plastique jetables gratuitement. L'ambition était de réduire de 70 à 80% la consommation d'ici à 2025. Or, une année après, celle-ci avait déjà chuté de 84%. En 2016, 66 millions de sacs se sont écoulés, contre 417 millions l'année précédente.

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