Grand Conseil vaudois: Le projet «Rosebud» est sous toit
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Grand Conseil vaudoisLe projet «Rosebud» est sous toit

Les députés vaudois ont accepté mardi l'ouverture d'un crédit d'ouvrage en vue de la construction du nouveau Parlement. Le projet est contesté depuis plusieurs mois.

Le projet Rosebud est menacé par un référendum

Le projet Rosebud est menacé par un référendum

Le Grand Conseil vaudois a accepté mardi un crédit d'ouvrage destiné à la reconstruction du Parlement vaudois à Lausanne. Les députés ont décidé de conserver la toiture en métal du futur bâtiment, contestée en raison de sa couleur grise et de son volume, et dit non à un toit de tuile.

Alors qu'une menace de référendum plane sur le projet Rosebud depuis plusieurs mois, le plénum a voté l'entrée en matière à une très large majorité de 115 oui contre 3 non et neuf abstentions. Les députés se sont rangés à l'avis «unanimement favorable» de la commission parlementaire qui l'a examiné.

Aller de l'avant

«Dix ans après l'incendie de la salle Perregaux, le Parlement doit faire une pesée d'intérêt», a déclaré son président Michel Renaud. Soit se doter d'une salle qui lui manque depuis onze ans, soit refuser le projet dans sa totalité en raison de la seule couleur de la toiture.

Le socialiste a déploré le manque de communication du Conseil d'Etat qui a déclenché la polémique. Il a néanmoins exhorté ses pairs à accepter «massivement» un projet simple, fonctionnel, écologique et respectant l'histoire. Le Parlement sera en effet reconstruit sur les murs du bâtiment érigé par l'architecte Alexandre Perregaux en 1804.

Des députés de tous bords ont souligné l'importance d'aller de l'avant, après des périodes de vaches maigres qui ont retardé le projet. D'autres ont constaté que les projets architecturaux contemporains sont souvent mal perçus dans leur époque, avant d'être intégrés au patrimoine.

Des tuiles au lieu de l'inox

Les adversaires de Rosebud ont déploré l'empreinte trop importante de la toiture en inox rétamé dans le quartier historique de la Cité. Ils ont prédit un non du peuple dans les urnes à ce projet et rappelé le sort qu'a connu le Musée des Beaux-Arts en votation populaire. «On privilégie la raison alors que le coeur dit non», a relevé le radical Marc-Olivier Buffat.

Le député Jacques-André Haury a tenté un retournement de situation, en demandant dans un amendement des tuiles sur le toit. «Certes, cela entraînera un surcoût, mais c'est le seul moyen d'avoir l'acceptance de la population», a affirmé le Vert'libéral. «Il faut arrêter de synonymiser écologique et moche», a-t-il ajouté

Tuer le projet

«On ne pourra jamais se mettre d'accord sur l'aspect esthétique du projet», a répondu Michel Renaud. «Il ne faut pas le dénaturer pour le rendre acceptable. Il nous appartient de convaincre la population qu'il est bon».

Le toit en métal permettra une bonne récupération de la chaleur. En outre, le poids supplémentaire des tuiles surchargerait la charpente, a rappelé le conseiller d'Etat François Marthaler. Sur le plan technique, cela tuerait le projet.

En outre, les opposants au projet, dont le Mouvement de défense de Lausanne (MDL), ont déjà déclaré qu'ils ne se satisferont de toute façon pas d'un toit en tuile, a-t-il noté. «Seule la reconstruction trouve grâce à leur yeux». Au vote, le toit en tuile a été refusé à la quasi unanimité du plénum.

Des micros

Le coût du projet s'élève à 21,5 millions, études comprises. Le crédit de construction du bâtiment se monte à 15,5 millions. Suite à un amendement accepté en première lecture, il sera augmenté de 50'000 francs afin d'installer un micro à chaque pupitre.

Le plénum a également accepté un crédit de 1,6 million pour la transformation du secrétariat du Grand Conseil. Il a voté un crédit supplémentaire de 375'000 francs pour l'installation d'un ascenseur. Le deuxième débat aura lieu mardi prochain.

«Le référendum est inévitable», a réagi le conseiller communal libéral radical lausannois Pierre-Antoine Hidlbrand, membre du comité pré-référendaire. «On ne laissera pas défigurer la Cité. Dès la publication dans la Feuille des avis officiels, la récolte des signatures pourra commencer». (ats)

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