Bangladesh: Le proprio de l'immeuble a été arrêté
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BangladeshLe proprio de l'immeuble a été arrêté

Le Bangladesh a annoncé dimanche l'arrestation du propriétaire du bâtiment qui s'est effondré près de Dacca mercredi.

Le Bangladesh a annoncé dimanche l'arrestation du propriétaire d'un immeuble de huit étages qui s'est effondré près de Dacca mercredi, tuant ou blessant des centaines d'ouvriers du textile travaillant pour le compte de grandes firmes occidentales.

«Il a été arrêté et il sera jugé», a annoncé le vice-ministre de l'Intérieur Shamsul Haque Tuku au cours d'une conférence de presse, au sujet de Sohel Rana, un entrepreneur soupçonné d'avoir enfreint le code de la construction du pays.

Plus de signe de vie sous les décombres

«Il n'y a plus de signe apparent de vie sous les décombres»: les secours avaient quasiment perdu dimanche tout espoir de trouver des survivants dans les gravats d'un immeuble au Bangladesh dont l'effondrement a fait plus de 350 morts et de nombreux disparus.

L'effondrement mercredi matin du Rana Plaza, un immeuble de huit étages construit illégalement à Savar, une banlieue de Dacca, a fait au moins 363 morts et plus de 1200 blessés, selon un dernier bilan officiel provisoire. Depuis mercredi, plus de 2400 personnes ont pu être sauvées, dont encore quatre dans la nuit de samedi à dimanche, mais à l'aube, les derniers appels à l'aide se sont tus.

Autour du site, des proches attendaient nerveusement des nouvelles des disparus. «S'il-vous-plaît, rendez-nous ma fille, morte ou vivante. Sa fille de deux ans n'arrête pas de pleurer pour la voir», implore une femme en tenant une photo de la disparue.

L'odeur est de plus en plus fétide. Des dizaines de corps, visibles de l'extérieur, pourrissent dans un tombeau de béton et d'acier. «Apparemment il n'y a plus de signe de vie sous les décombres», a déclaré à l'AFP le responsable des pompiers du Bangladesh, Ahmed Ali. «Avec l'armée, nous avons décidé d'utiliser de l'équipement lourd, comme des grues, pour retirer les gravats et les blocs (de béton) verticalement à partir de la mi-journée» ce dimanche, a-t-il précisé.

Ouvriers en colère

Depuis mercredi, les sauveteurs ont seulement utilisé de l'équipement léger, de peur de provoquer de nouveaux effondrements dans les décombres du bâtiment. «Notre espoir est que nous puissions trouver quelques personnes en vie sous les débris», a-t-il dit.

Le bâtiment abritait cinq ateliers de confection travaillant pour des marques occidentales et plus de 3000 personnes y étaient employées, selon l'association des entreprises de textile du Bangladesh.

Alors que la plupart des 4500 usines de textile du Bangladesh étaient déjà à l'arrêt en raison de manifestations d'ouvriers en colère, les entrepreneurs de ce secteur ont décrété les journées de samedi et dimanche fériées, et les syndicats ont lancé un appel à la grève pour dimanche afin d'exiger de meilleures conditions de travail.

La police a annoncé l'arrestation de deux propriétaires d'ateliers de confection installés dans le bâtiment ainsi que de deux ingénieurs. Mais elle était toujours à la recherche du propriétaire de l'immeuble. Un responsable de l'administration locale, Jahangir Kabir, a déclaré samedi que ce propriétaire s'appelait Sohel Rana, et était en fuite.

Polémique sur les conditions de travail

Il s'agit du pire accident dans l'histoire industrielle du Bangladesh, pays pauvre d'Asie du Sud qui a fait de la confection textile le pivot de son économie. La catastrophe a relancé la polémique sur les conditions de travail dans ce secteur - qui emploie essentiellement des femmes travaillant pour moins de 40 dollars par mois pour des marques occidentales - et a attisé la colère des ouvriers.

Vendredi, des heurts violents avaient opposé la police à une foule immense de manifestants en colère à Savar, où le Rana Plaza s'est effondré comme un château de cartes. Des ouvriers ont attaqué des usines, renversé des véhicules, brûlé des pneus sur la route et essayé de mettre le feu à des échoppes le long du parcours de la manifestation de masse, selon un responsable de la police locale. Ils ont aussi obligé des usines textiles à fermer.

L'immeuble abritait cinq ateliers de confection notamment liés à la marque espagnole Mango et au britannique Primark, seules enseignes à avoir confirmé leurs relations avec des ateliers du Rana Plaza. L'Organisation internationale du travail (OIT) a lancé vendredi un appel aux autorités du Bangladesh et aux partenaires sociaux de ce pays pour qu'ils contribuent à créer des «lieux de travail sûrs». (afp)

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