Bâle - Le PS devient la risée du web pour avoir «genré» les primates

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BâleLe PS devient la risée du web pour avoir «genré» les primates

La section bâloise du parti parle de «Primat:innen» (forme germanophone de l'écriture épicène) sur une affiche en faveur d’une initiative cantonale souhaitant mieux protéger les singes en leur accordant des droits fondamentaux. De quoi faire rire les internautes. 

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Lukas Hausendorf/ofu
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PS Bâle-Ville
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L’organisation «Sentinence» a lancé une initiative cantonale souhaitant accorder des droits fondamentaux aux primates. Le texte prévoit qu’ils puissent bénéficier d’un droit à l'intégrité corporelle et psychique. Ainsi, les expérimentations tout comme l’euthanasie ne seraient plus autorisées. Les habitants de Bâle-Ville s’exprimeront le 13 février sur cette initiative. 

Le texte est notamment soutenu par la section bâloise du PS. Sur une affiche tout comme dans un communiqué de presse publié hier, le parti utilise le slogan suivant: «Ja zu Grundrechten für Primat:innen», soit «Oui aux droits fondamentaux pour les primates et primates (au féminin)». Visiblement, cet engagement va un peu trop loin pour certains internautes, parmi lesquels figurent aussi plusieurs politiciens d’autres bords, qui se moquent ouvertement du parti socialiste. 

Pas une humanisation des singes, selon le PS

«Le PS vient-il sérieusement de genrer les primates?», s’interroge ainsi sur Twitter Benjamin von Falkenstein, Jeune Libéral-Radical. «Reste plus qu’à se demander quand le PS acceptera le premier primate sur sa liste électorale», se moque Daniel Seiler, élu PLR au Grand conseil. 

Lisa Mathys, coprésidente du PS de Bâle-Ville, se défend: «Parmi les primates non humains, il existe bien évidemment des mâles et des femelles. Nous utilisons donc un terme qui n’exclut personne.» Selon elle, le principe du langage épicène est facile: il a pour but d’inclure tous les genres. Du coup, estime Lisa Mathys, cela n’a rien d’exceptionnel de l’appliquer aussi aux animaux. «Je ne pense pas qu’on puisse parler d’une humanisation», tient-elle néanmoins à souligner. 

Un «piège classique»

Un avis qui n’est pas partagé par Adrian Baumeyer, curateur au zoo de Bâle. Selon lui, le PS est tombé dans un «piège classique» en transférant des conventions humaines aux animaux. «C’est dangereux car cela implique aussi des exigences humaines envers les animaux. Des exigences qui sont par la suite évaluées selon des critères humains.»

Ainsi, rappelle Adrian Baumeyer, le genre lui-même est également une catégorie humaine. Tout comme la différenciation genrée est un besoin humain, estime-t-il. Appliquer un genre, poursuit Adrian Baumeyer, mènerait aussi à transposer les comportements sexuels humains aux animaux. «Chez les humains, le comportement sexuel repose sur une construction sociale. Or, chez les chimpanzés, par exemple, les couples n’existent pas et la copulation remplit uniquement une fonction reproductive.» 

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