Conseil fédéral: Le PS propose un ticket Sommaruga-Fehr
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Conseil fédéralLe PS propose un ticket Sommaruga-Fehr

Le Parti socialiste (PS) propose les candidatures de la conseillère d'Etat bernoise Simonetta Sommaruga et de la conseillère nationale zurichoise Jacqueline Fehr.

Jacqueline Fehr et Simonetta Sommaruga entrent en course.

Jacqueline Fehr et Simonetta Sommaruga entrent en course.

Simonetta Sommaruga et Jacqueline Fehr sont les candidates officielles du PS à la succession de Moritz Leuenberger. Le groupe parlementaire les a désignées vendredi sur le ticket socialiste pour l'élection au Conseil fédéral du 22 septembre.

La conseillère aux Etats Simonetta Sommaruga (BE) a été élue au 5e tour de scrutin par 26 voix. Puis, pour la deuxième place sur le ticket, la conseillère nationale Jacqueline Fehr (ZH) a obtenu 24 voix dès le premier tour.

La conseillère nationale Hildegard Fässler (SG) et la ministre des finances de Bâle-Ville Eva Herzog, qui étaient aussi sur les rangs, ont récolté toutes deux 11 voix. Le groupe socialiste aux Chambres fédérales compte 51 membres.

Jacqueline Fehr en quelques mots

Nominée par ses pairs socialistes, Jacqueline Fehr est considérée à Berne comme une politicienne pragmatique et dotée d'une grande connaissance des dossiers.

Agée de 47 ans, la conseillère nationale de Winterthour (ZH) dispose en outre d'un réseau important au Palais fédéral.

Ses domaines de prédilection sont la politique familiale, les transports, la formation et la santé. Dans un classement des parlementaires fédéraux, la «SonntagsZeitung» l'avait placée en tête des politiciens les plus influents dans la législature en cours.

Vice-présidente du Parti socialiste suisse depuis deux ans, Jacqueline Fehr a grandi à Elgg (ZH) et Winterthour, où elle habite toujours avec ses deux fils. La Zurichoise vit séparée de son mari.

Membre du législatif communal de 1990 à 1992, elle siège au Grand Conseil de 1991 à 1998. Cette année-là, elle entre au Conseil national en remplacement d'Elmar Ledergerber, élu alors à la Municipalité de Zurich.

Au DETEC ou au DFE

Réélue brillamment à trois reprises, la socialiste siège dans la commission de la sécurité sociale et de la santé publique ainsi que celle des transports et télécommunications. Ce profil en ferait une candidate idéale pour reprendre le DETEC de Moritz Leuenberger, le Département de l'intérieur restant a priori dirigé par Didier Burkhalter.

Autre option possible en cas d'élection: le Département de l'économie (DFE), qui abrite la formation professionnelle. Le DFE serait en effet libéré par Doris Leuthard si celle-ci décidait de reprendre le Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC).

«Maman» de l'assurance maternité

En 12 ans de Conseil national, Jacqueline Fehr a souvent fait aboutir des solutions rassembleuses - comme l'assurance maternité -, ralliant également les partis du centre-droit. Son pragmatisme est unanimement reconnu sous la Coupole fédérale.

Enseignante secondaire de formation, elle entretient un bon contact avec les jeunes socialistes. Se sentant pris au sérieux par elle, ces derniers lui reconnaissent aussi la «capacité à se remettre en question».

Les adversaires politiques de la Zurichoise abondent dans le même sens: «Elle est prête au consensus, capable de travailler en équipe et forte de caractère», commente le conseiller national UDC Toni Bortoluzzi (ZH). «Avec elle, on sait à quoi s'attendre.» Jacqueline Fehr a souvent été citée comme candidate à des postes importants. En 2003 et 2007, elle renonçait pourtant à briguer la présidence du PS après mûre réflexion.

Manoeuvres contre Ursula Koch

Souvent victorieuse, la socialiste a aussi connu l'échec. Elle a ainsi été largement battue en 1999 dans l'élection au Conseil des Etats. L'Union syndicale zurichoise ne l'avait pas soutenue, arguant que la politicienne s'était «éloignée» d'elle après l'avoir pourtant présidée entre 1992 et 1996.

Les socialistes zurichois ont en outre refusé de l'élire à la tête de leur section en 2000. Ils lui reprochaient d'avoir oeuvré en coulisses au départ précipité de la présidente contestée du PS suisse, Ursula Koch.

En cas d'élection au Conseil fédéral le 22 septembre, Jacqueline Fehr serait la sixième citoyenne de Winterthour a rejoindre le gouvernement, le dernier en date étant le radical Rudolf Friedrich, de 1982 à 1984.

(ats)

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