Actualisé 24.02.2009 à 15:34

UBS et secret bancaire

Le PS veut des poursuites contre la direction

Les dirigeants de l'UBS devraient répondre de leurs actes devant la justice, exige le PS.

Quant au Conseil fédéral, il doit changer radicalement de stratégie s'il veut sauver la place financière. Hans-Rudolf Merz est «grotesque» dans sa tentative de minimiser l'affaire.

Le Parti socialiste (PS) a réitéré mardi devant la presse ses thèses pour sortir la place financière de l'ornière. La Suisse doit abandonner la distinction entre évasion et fraude fiscale, a demandé le président du parti Christian Levrat.

Pour lui, le secret bancaire ne doit pas profiter à quelque milliers d'individus qui trichent avec le fisc. Il doit plutôt servir à protéger la sphère privée des contribuables honnêtes face à leur bailleur ou leur patron.

Crainte d'un grounding

Le Fribourgeois a tiré à boulets rouges contre les dirigeants de l'UBS, appelant l'ancienne garde à céder sa place. Elle est coupable, selon lui, de la déconfiture actuelle. Le conseiller national a exigé une transformation de fond de la banque. L'UBS est menacée de «grounding» si des mesures radicales ne sont pas prises.

Mais le PS n'est pas tendre non plus avec le Conseil fédéral, qu'il accuse de porter une responsabilité certaine dans le chaos actuel. Hans-Rudolf Merz devrait s'être rendu depuis longtemps aux Etats-Unis pour entamer avec le gouvernement américain des négociations sur l'interruption des procédures en cours, a fustigé M. Levrat.

«Je n'exige pas la démission du ministre des finances, mais sa gestion du dossier est une catastrophe et sa passivité affligeante». La stratégie de M. Merz, qui «consiste à ne rien faire, a échoué sur tous les plans».

Le PS souhaite la création d'une task force chargée de plancher sur le développement durable de la place financière. Le système doit être changé de fond en comble si l'on ne veut pas être constamment être pris en otage, a affirmé le président du parti.

Banquiers privés

Il ne s'agit pas que d'un problème de l'UBS, contrairement à ce qu'essaient de faire croire les banquiers privés, tout le système est remis en question. La Suisse doit aussi à l'avenir se montrer offensive en matière de traque contre les paradis fiscaux et non défensive. Quant à l'entraide administrative internationale, elle doit être accelérée.

«L'alternative à notre plan est que les banques suisses doivent livrer, les unes après les autres, leurs clients aux autorités d'autres pays», a jugé le PS.

(ats)

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