Genève: Le PS veut forcer les EMS à ouvrir leurs portes à Exit
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GenèveLe PS veut forcer les EMS à ouvrir leurs portes à Exit

Le Grand Conseil va traiter un projet de loi sur le suicide assisté. Vaud a voté un texte identique.

par
Jérôme Faas
Labsorption de la substance létale est peu pratiquée en EMS.

Labsorption de la substance létale est peu pratiquée en EMS.

Keystone

«Il n'est pas tolérable que, dans un état de droit, l'assistance au suicide ne soit acceptée qu'à bien plaire dans les EMS.» Salima Moyard, députée PS, a donc déposé un texte pour que ce qui est un droit à domicile le soit aussi en EMS et dans les hôpitaux. Le Parlement devrait aborder le sujet ce jeudi. En commission, la majorité de droite a préconisé la non-entrée en matière.

«Puisque ça marche bien, pourquoi faire une loi?, interroge le PDC Bertrand Buchs. En Suisse, on fait beaucoup de choses sans. C'est comme l'euthanasie passive, on n'a jamais légiféré.» La droite prône ainsi le statu quo. Elle craint la banalisation du suicide assisté sous la pression de l'association Exit. «Ils deviennent trop sectaires, le suicide devient automatique», juge l'élu PDC. Alors que l'Entente défend les vertus du cas par cas, ce flou dérange Salima Moyard, qui préfère «un cadre commun».

Pour elle, la situation n'est «pas si rose». Certains EMS religieux traînent les pieds, «et Exit a listé récemment quatre cas de refus d'accès», en EMS et aux HUG. Ne reste plus au patient qu'à aller mourir ailleurs ou violemment. «Ce que la personne vit, on s'en moque. C'est choquant.» Secrétaire général des EMS vaudois, François Sénéchaud note que, depuis que la loi existe (lire encadré), les suicides assistés ont progressé à domicile, mais pas en EMS. «Et l'avantage, c'est que le cadre est défini pour tous.»

Prière de se faire suicider loin des HUG

Selon les chiffres d'Exit Suisse romande, en 2016, 216 personnes (56 à Genève) ont eu recours à une aide au suicide: 188 chez elles, 25 en EMS, deux à l'hôpital, une en foyer. Au bout du lac, les HUG ont une pratique restrictive: le retour à domicile est la règle. Seuls deux cas (le dernier en juin) ont été enregistrés dans leurs murs depuis que l'assistance au suicide y a été autorisée, en 2006.

Vaud est l'exemple

Le texte genevois est le copier-coller de la loi vaudoise, en vigueur depuis 2013. Elle oblige les établissements sanitaires à accepter en leur sein une assistance au suicide sous conditions: si le médecin de l'institution a pu vérifier que le patient était capable de discernement; s'il souffre d'une maladie ou de séquelles d'accident graves et incurables; et si des alternatives au suicide ont été discutées avec lui.

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