Actualisé 26.10.2009 à 20:09

Football - France

Le PSG et l'OM se partageront la note du match reporté

Le report dimanche du match OM-Paris SG et les incidents violents qui ont suivi dans le centre de Marseille ont un coût et alimentent le débat sur le partage des responsabilités en matière de dédommagement.

Pour le club marseillais, le préjudice global s'élève à environ 350 000 euros. Soit 50 000 euros de location du stade, 90 000 pour les stadiers, 60 000 de frais de police (neuf compagnies mobilisées), 100 000 de traiteur, dont la nourriture commandée la veille a été détruite, ainsi que 50 000 de frais divers (location de véhicules, de sono...).

L'OM entend négocier «poste par poste, à l'amiable», l'éventuel remboursement des frais avancés. Par exemple en tentant d'obtenir une réduction de la facture auprès de la ville pour la location du stade.

«Juridiquement non responsable» du report de la rencontre, le club attend également d'éventuelles propositions de la Ligue de football (LFP) jeudi concernant la prise en charge des frais de police, avant d'envisager d'éventuels recours. Le club n'entend pas non plus rembourser les frais de déplacement des supporteurs et de partenaires, même s'il pourrait l'envisager «au cas par cas».

La note est également salée pour les fans, venus individuellement ou par le biais de clubs de supporteurs. Michel Tonini, le vice-président des Yankees (5000 membres), évalue dans un premier temps à environ 40 000 euros le préjudice pour son club: «Dix bus sont venus de loin, sans parler des nombreux supporteurs venus en train, voiture ou avion. Nous allons essayer d'avoir une démarche commune à tous les groupes».

Les violents affrontements en centre-ville n'ont finalement provoqué que des dégâts matériels mineurs et devraient générer des dépenses réduites. Mais ils ont nécessité le renfort d'une centaine de membres des forces de l'ordre et l'affrêtement d'une rame TGV pour évacuer les supporteurs parisiens. Soit un coût non négligeable, même si ni les autorités ni la SNCF n'en ont précisé le montant.

Certains moyens mis en oeuvre «ne l'auraient pas été si le match s'était tenu», a commenté le préfet délégué à la sécurité Philippe Klayman, évoquant «une part de responsabilité de la Ligue», dont il espère qu'elle prendra en charge «notamment sur le plan budgétaire» ces moyens supplémentaires. Le maire (PS) des arrondissements concernés par les heurts, Patrick Mennucci, entend, lui, faire participer la Ligue aux frais de réparation des commerçants.

Du côté de la mairie (UMP) de Marseille, on refuse en revanche d'incriminer la Ligue. Elle «aurait pu prévenir plus tôt mais elle était sur des préoccupations que l'on comprend, il s'agit de l'état de santé des joueurs», explique Caroline Pozmentier, adjointe au maire en charge de la sécurité.

«La responsabilité incombe aux auteurs des faits, soyons prudents et vigilants. Ce sont d'abord ces individus et ces comportements qu'il faut fustiger», a-t-elle ajouté.

Au micro d'Europe 1, le président de la LFP Frédéric Thiriez a déclaré: «J'irai à Marseille et nous verrons ces questions de dédommagement», se disant «pas certain qu'il y ait un lien de causalité entre les bagarres (...) et l'annulation du match». Une manière de dire que la responsabilité de la Ligue n'était pas engagée.

Dégâts et arrestations

Six des 16 jeunes interpellés dimanche à Marseille lors des incidents qui ont éclaté après le report du match OM-PSG, restaient en garde à vue lundi soir, a annoncé le procureur adjoint Christophe Barret, un autre ayant été écroué à l'issue de sa comparution immédiate.

Les 16 personnes arrêtées, âgées de 15 à 25 ans, sont «essentiellement» originaires de Marseille mais une seule est «membre d'un club de supporteurs de l'OM», a précisé le magistrat.

Six ont vu leur garde à vue prolongée, dont trois mineurs, tandis que cinq sont passés lundi en comparution immédiate au tribunal pour violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique.

L'un d'eux, né en 1983, déjà condamné pour viol et violences, a été placé sous mandat de dépôt à l'issue de l'audience, et les quatre autres, inconnus des services de police, ont été libérés sous contrôle judiciaire, en attendant leur procès qui aura lieu le 16 novembre.

Le premier a nié les faits qui lui sont reprochés, affirmant qu'il faisait son jogging, et les quatre autres ont affirmé avoir jeté des pierres sur les supporteurs parisiens et non sur les forces de l'ordre, a constaté une journaliste de l'AFP.

En plus des cinq qui ont comparu, un mineur a été convoqué devant le juge des enfants.

Les quatre autres personnes interpellées ont été remises en liberté, aucune charge n'ayant été retenue contre elles ou l'enquête se poursuivant dans l'attente de convocations ultérieures.

Les trois supporteurs parisiens interpellés par la gendarmerie sur une aire d'autoroute à Peypin (Bouches-du-Rhône), où des dégradations et des vols ont eu lieu, ont pour leur part été entendus sur place et sont repartis dans l'un des bus pour Paris dimanche, selon une source proche de l'enquête.

Neuf plaintes ont été déposées pour dégradation de véhicules et six vitrines abîmées.

Après le report du match choc OM-PSG pour cause de grippe H1N1, des échauffourées ont opposé dimanche après-midi plusieurs centaines de Parisiens, Marseillais et forces de l'ordre, faisant une dizaine de blessés légers parmi les supporteurs. Deux d'entre eux étaient hospitalisés lundi, dont un supporteur parisien fauché par une voiture.

«La police n'a pas été débordée, sinon il y aurait eu beaucoup plus de casse, on a évité le drame», a estimé Pascal Lalle, directeur départemental de la Sûreté publique.

Selon M. Lalle, 750 membres des forces de l'ordre ont été mobilisés, alors qu'un dispositif de 650 hommes avait été prévu pour couvrir le match. Une douzaine d'entre eux ont été légèrement blessés, souffrant de «petits traumatismes».

Les policiers auraient usé d'une centaine de grenades lacrymogènes au cours de ces affrontements, selon une source proche de l'enquête.

(afp)

Match maintenu en Angleterre

Le match de Coupe de la Ligue anglaise entre Blackburn et Peterborough United se déroulera mardi comme prévu malgré cinq cas de grippe A (H1N1) chez les Rovers. Trois joueurs et deux membres de l'encadrement de Blackburn ont été contaminés.

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