Actualisé 19.01.2011 à 19:19

SDF brûlé à Bussigny (VD)

Le pyromane condamné à une année ferme

Le jeune homme qui avait mis le feu à un sans-abri en 2007 a été reconnu coupable de lésions corporelles graves, d'omission de prêter secours, de divers incendies volontaires et d'infraction à la loi sur les stupéfiants.

de
Joël Burri

Le Tribunal correctionnel de Lausanne s'est montré plus sévère que le Parquet. L'accusé est condamné à une année ferme de peine privative de liberté, alors que six mois seulement étaient requis. Le Service pénitentiaire établira les modalités de l'exécution de la sanction. Il décidera notamment si le jeune homme âgé aujourd'hui de 21 ans pourra bénéficier d'allégements visant à lui permettre de poursuivre son emploi. A cette peine s'ajoutent 2 ans de prison assortis d'un sursis de 5 ans. Sursis qui sera révoqué si le coupable ne poursuit pas son traitement psychiatrique régulièrement.

Culpabilité extrême

La culpabilité du jeune pyromane a été jugée extrêmement grave par le tribunal. Le président a rappelé que l'accusé «a mis le feu au pantalon dans le but d'en retirer une certaine gloire et de s'en vanter devant ses amis» et «sa jeunesse ne saurait excuser en quoi que ce soit un acte d'une telle cruauté.»

Rien appris de la prison

Ce qui a pesé lourd dans la fixation d'une peine plus sévère que celle requise par le Parquet est que le jeune homme ne semble pas avoir pris conscience de la gravité de ses actes. Le Tribunal a fait part de ses plus grandes inquiétudes quant à l'avenir du jeune homme. La période de détention de 41 jours subie en cours d'instruction n'a pas eu l'effet préventif escompté. Le prévenu s'est en effet livré à un trafic de marijuana alors qu'il se savait déjà sous le coup d'une enquête.

Risque de récidive réel

Bien que l'intéressé, reconnu pyromane par les experts, ne semble pas avoir compris la nécessité du traitement psychiatrique ambulatoire qu'il suit depuis son arrestation en 2008, le Tribunal reconnaît l'efficacité de celui-ci. Le jeune homme n'a en effet plus cédé a ses pulsions depuis, alors qu'entre 2006 et 2007 il s'était livré à des incendies volontaires répétés et de plus en plus graves. Après un feu de poubelle, il s'était attaqué à un vélomoteur, puis à une voiture et, avant de s'attaquer à Pierre, il avait bouté le feu à des cabanons. Le tribunal suit ainsi l'avis des médecins qui jugent son risque de récidive comme réel.

Une note salée

Au niveau des sanctions financières, le jeune homme devra payer une amende 500 fr., 10'000 fr. pour le tort subi par sa victime ainsi que 25'000fr. pour les frais de justice. Il dit de plus avoir déjà reçu une facture de 18'000fr. de l'hôpital pour les soins de Pierre.

Victime satisfaite

A la sortie de la lecture du verdict, mercredi, Pierre s'est dit «content» de cette sanction. Son avocat a précisé: «Ce procès lui a donné la satisfaction d'être reconnu comme victime.» Interrogé sur l'éventualité de pouvoir discuter un jour avec son incendiaire, comme ce dernier le lui a proposé la veille, Pierre oppose un refus catégorique. «Je n'en ressent pas le besoin. C'est formellement exclu.»

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