Actualisé 08.12.2012 à 19:33

Conférence sur le climatLe Qatar annonce un accord à Doha

La présidence qatarie de la conférence de l'ONU sur le climat a annoncé samedi un accord sur la lutte contre le changement climatique, portant notamment sur l'acte II de Kyoto.

L'acte II de Kyoto engage l'Union européenne, l'Australie et une dizaine d'autres pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2020.

L'acte II de Kyoto engage l'Union européenne, l'Australie et une dizaine d'autres pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2020.

Près de 200 pays se sont mis d'accord samedi lors de la Conférence de l'ONU sur le climat à Doha (Qatar) pour prolonger jusqu'en 2020 le protocole de Kyoto et poursuivre ainsi la lutte contre le réchauffement climatique. Un accord toutefois affaibli par le retrait de la Russie, du Japon et du Canada.

Après des discussions qui devaient s'achever vendredi, mais qui se sont prolongées toute la nuit et une partie de samedi, les pays engagés ne représentent plus que 15% des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le monde.

Le président de la conférence de l'ONU, le vice-Premier ministre qatari Abdallah al-Attiy est monté à la tribune et a adopté, en rafales, une série de textes débattus depuis le 26 novembre par plus de 190 pays dans le cadre de la XVIIIe session de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), créée en 1992.

En l'absence d'accord, le Protocole de Kyoto, qui oblige les pays industrialisés signataires à réduire leurs GES, aurait expiré le 31 décembre.

Refus de la Russie

«C'est la première fois que je vois un tel précédent», a réagi le délégué russe Oleg Chamanov à l'issue de la réunion. La délégation américaine a également dit «ne pas accepter» certains points dans les textes annoncés comme adoptés.

M. Chamanov a expliqué que la Russie, la Biélorussie et l'Ukraine étaient contre la décision de prolonger le Protocole de Kyoto au-delà de 2012. La Russie souhaite des limites moins strictes concernant les autorisations d'émissions de dioxyde de carbone non utilisées.

L'acte II du protocole de Kyoto est la pièce maîtresse de l'accord. Il engage notamment l'Union européenne (UE), l'Australie, la Norvège, la Suisse, le Liechtenstein, Monaco, la Croatie et l'Islande à réduire leurs GES d'ici 2020. Etant donné que les pays engagés ne représentent que 15% des émissions de GES dans le monde, sa portée reste toutefois symbolique.

Les décisions prises samedi reportent par ailleurs à 2013 la question de l'augmentation de l'aide financière aux pays en développement pour les soutenir dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les pays du Sud attendaient des pays développés qu'ils s'engagent à verser 60 milliards de dollars (56 milliards de francs) d'ici 2015.

Hausse des GES prévue

Les émissions mondiales de dioxyde de carbone devraient augmenter de 2,6% cette année. Elles sont de 50% supérieures à celles de 1990. Leur augmentation ces derniers temps est notamment due à la forte croissance industrielle de certains pays en développement, comme la Chine et l'Inde.

Le protocole de Kyoto, que les Etats-Unis n'ont jamais ratifié, a contraint les 35 pays industrialisés qui y ont adhéré à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d'au moins 5,2% par rapport aux niveau de 1990 sur la période allant de 2008 à 2012.

Mais le réchauffement climatique se poursuit, estiment les experts. Malgré le ralentissement économique mondial, la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère a aussi atteint un niveau record en 2011, critique l'Organisation météorologique mondiale.

Même si tous les pays respectaient leurs engagements actuels, la température mondiale augmenterait de plus de 3 degrés Celsius d'ici 2100. Or, pour le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), un réchauffement de plus de 2 degrés Celsius entraînerait une hausse du niveau des mers et des phénomènes extrêmes plus fréquents, comme les inondations, sécheresses ou tempêtes.

De tels bouleversements perturberaient les pratiques agricoles et l'accès à l'eau potable, alors que la population mondiale est en pleine expansion, dénoncent les scientifiques. (afp)

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