Égypte: Le QG des Frères musulmans saccagé
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ÉgypteLe QG des Frères musulmans saccagé

Le mouvement Tamarrod a appelé lundi Mohamed Morsi à quitter le pouvoir avant mardi, menaçant d'engager un mouvement de «désobéissance civile». Les protestataires ont attaqué le QG du parti au pouvoir.

Des manifestants ont envahi et saccagé lundi le quartier général des Frères musulmans égyptiens au Caire.

Les membres de la confrérie dont est issu le président Mohamed Morsi avaient été évacués avant l'attaque.

Le bâtiment, dans le quartier du Moqqatam situé dans l'est du Caire, a été envahi par des assaillants qui ont jeté des objets par les fenêtres, tandis que d'autres emportaient des meubles, ont constaté des journalistes sur place.

Cette attaque est intervenue après une nuit d'affrontements autour du bâtiment, qui ont fait entre cinq et sept morts et plus d'une centaine de blessés, selon des sources médicales et issues des forces de sécurité.

Lors de ces affrontements, des jeunes gens avaient jeté des cocktails Molotov et des pierres sur les locaux de la confrérie, tandis que des gardiens tiraient encore sur les assaillants lundi matin.

Ultimatum pour le départ de Morsi

«Nous donnons à Mohamed Morsi jusqu'à mardi 2 juillet à 17h (15h GMT) pour quitter le pouvoir et permettre aux institutions étatiques de préparer une élection présidentielle anticipée», affirme un communiqué de Tamarrod publié sur son site internet. En cas de refus, «mardi 17h sera le début d'une campagne de désobéissance civile totale».

Les manifestations contre Morsi font 7 morts

Sept personnes ont été tuées dimanche dans des heurts entre partisans et adversaires du président islamiste égyptien Mohamed Morsi.

Le président égyptien a été hué lors de manifestations monstres organisées dans tout le pays pour réclamer son départ, un an jour après son investiture. Les cortèges, d'un ampleur sans précédent depuis la révolte qui fit chuter Hosni Moubarak début 2011, ont défilé en scandant «dégage» et «le peuple veut la chute du régime».

L'armée estime à «plusieurs millions» le nombre de manifestants anti-Morsi descendus dans la rue, a déclaré à l'AFP une source militaire. Il s'agit «de la plus grande manifestation de l'histoire de l'Egypte», a ajouté cette source sous couvert de l'anonymat.

Cinq personnes ont été tuées au sud du Caire, dans la vallée du Nil: trois à Assiout, une à Beni Souef et une à Fayoum.

Tirs de chevrotine

Au Caire, le QG de la confrérie islamiste, dont est issu M. Morsi, a été attaqué avec des cocktails Molotov et des tirs de chevrotine. Deux hommes ont été tués par balle, et plusieurs dizaines d'autres personnes blessées, selon une source médicale, dans ces heurts très violents qui se sont poursuivis tard dans la nuit.

Sur la place Tahrir, site emblématique de la révolte contre Hosni Moubarak, la foule a afflué en brandissant des cartons rouges à l'adresse du président. «Je suis ici parce que Morsi, pour qui j'ai voté, m'a trahi et n'a pas tenu ses promesses. L'Egypte va être libérée une nouvelle fois à partir de Tahrir», affirmait Mohammed Samir, venu de Mansourah, dans le delta du Nil, pour manifester dans la capitale.

Les manifestants se sont également massés sans incident aux abords du palais présidentiel, dans le quartier d'Héliopolis, et sur d'autres places de la capitale.

Des manifestations anti-Morsi ont aussi eu lieu à Alexandrie (nord), deuxième ville du pays, à Menouf et Mahallah, dans le delta du Nil, ainsi qu'à Port-Saïd et à Suez, sur le canal du même nom, ou encore dans la ville natale de M. Morsi, Zagazig, au nord-est du Caire.

Morsi appelle au dialogue

La présidence a réagi en affirmant que «le dialogue était la seule façon de parvenir à une entente» et qu'elle était «ouverte pour lancer un véritable et sérieux dialogue national».

Mais la principale coalition de l'opposition égyptienne a appelé les manifestants à rester dans la rue jusqu'à la démission du régime «dictatorial» du président Morsi, accusé de gouverner au seul profit des islamistes et de laisser l'économie s'effondrer.

Un des principaux dirigeants de l'opposition, le nationaliste de gauche Hamdeen Sabbahi, a appelé l'armée à «agir» pour «faire respecter la volonté du peuple» si M. Morsi ne partait pas de lui-même.

Les militaires se sont dits récemment prêts à intervenir si le climat dégénérait, après que des heurts eurent déjà fait huit morts, dont un Américain, dans les jours qui ont précédé les rassemblements de dimanche.

Armée et police déployées

Redoutant de graves troubles, l'armée et la police se sont déployées à travers le pays pour renforcer la protection des installations vitales, notamment le canal de Suez.

Non loin du palais présidentiel, des militants islamistes campent depuis vendredi dans le quartier de Nasr City pour défendre la «légitimité» du premier chef de l'Etat égyptien librement élu. Ils étaient 25'000 dimanche soir, selon l'armée.

Cette journée constituait le point d'orgue de la campagne Tamarrod (rébellion en arabe), le mouvement à l'origine des appels à manifester massivement pour réclamer le départ de M. Morsi le jour même de l'anniversaire de son investiture.

Tamarrod assure avoir recueilli plus de 22 millions de signatures pour une présidentielle anticipée, soit plus que le nombre d'électeurs de M. Morsi en juin 2012 (13,23 millions). Après un an d'une présidence mouvementée, déjà marquée par plusieurs crises, M. Morsi vit son «Jour du jugement», ont titré dimanche certains journaux.

Reportage:

(Source: youtube.com) (ats/afp)

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