Actualisé 06.04.2006 à 00:33

Le quartier écolo, génial ou fumeux?

Créer un éco-quartier expérimental sur les friches industrielles de Malley ou du Vallon, c'est l'idée qui a germé dans l'esprit des élus de la gauche lausannoise.

Les habitants de ce paradis écologique bénéficieraient d'une production énergétique autonome et récupéreraient l'eau de pluie. De tels quartiers sont encore rares en Europe. Le concept, pour ses détracteurs, passe pour une lubie de «post-soixante-huitards». Si la capitale vaudoise se lance dans l'aventure, elle fera figure de pionnière en Suisse.

S'il y a une impulsion pour construire 3000 logements, pourquoi pas voir plus loin et créer un quartier expérimental? C'est le souhait exprimé mardi au Conseil par les Verts Giampiero Trezzini et Adèle Thorens. Leur demande va être analysée en commission.

Concrètement, il s'agirait de gérer l'énergie en commun et de mettre en place une production autonome, avec le solaire ou la géothermie. «On pourrait aussi récupérer l'eau de pluie et la nettoyer sur place», détaille la présidente du groupe des Verts. Elle verrait bien fleurir ces immeubles avant-gardistes sur l'une des friches disponibles à Lausanne, comme le Vallon ou Malley.

Qualifié de «post-soixante-huitard» par le libéral Maurice Calame, le concept ne fait pas l'unanimité. Ce conseiller refuse de créer un «ghetto écologique».

Trop élitiste? «Cela coûte cher, il ne faut pas le nier. Mais cela ne veut pas dire qu'il y aurait des appartements de luxe», répond Adèle Thorens.

Trop utopique? «Je trouverais que c'est utopique si cela n'existait pas.» Les quartiers de BedZed, à Londres, ou de Vauban, en Allemagne, comptent parmi les rares expériences en Europe. «Il y en a moins d'une dizaine existants ou en cours d'élaboration», estime la conseillère. Et aucun en Suisse, pour l'instant.

Sophie Roselli

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