Iran: Le réacteur d'Arak au centre des débats
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IranLe réacteur d'Arak au centre des débats

L'Iran et les grandes puissances ont beaucoup parlé, mercredi, du réacteur nucléaire d'Arak, qui pourrait produire du plutonium servant à l'arme atomique.

Le site d'Arak est situé en Iran.

Le site d'Arak est situé en Iran.

Le projet de réacteur nucléaire d'Arak, susceptible de produire le plutonium indispensable à la fabrication de l'arme atomique, a été au centre de deux jours de discussions mardi et mercredi à Vienne entre l'Iran et les grandes puissances. Les parties se sont félicités d'entretiens «utiles».

La prochaine séance sera organisée du 7 au 9 avril, toujours dans la capitale autrichienne, a déclaré Catherine Ashton, porte-parole de la diplomatie européenne, qui a précisé que les dernières discussions avaient été «substantielles».

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif, s'était auparavant dit «optimiste» sur la conclusion d'un accord avec le groupe P5 1 avant la date butoir du 20 juillet.

Divergences persistantes

Un délégué américain a cependant estimé à l'issue des pourparlers qu'il serait très difficile de surmonter les divergences persistantes avec l'Iran sur le dossier de l'enrichissement d'uranium. Il a ajouté que les positions restaient tout aussi éloignées sur le réacteur d'Arak.

Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne) et l'Allemagne mènent des discussions avec les Iraniens pour parvenir à un accord sur l'encadrement du programme nucléaire de la République islamique.

Accord provisoire

Les deux camps sont convenus en novembre dernier à Genève de certaines restrictions dans le programme iranien controversé, en échange d'un assouplissement des sanctions internationales contre Téhéran.

Cet accord provisoire est entré en vigueur le 20 janvier pour une période de transition de six mois s'achevant le 20 juillet, au cours de laquelle doivent être précisés les détails nécessaires à un règlement définitif d'un contentieux vieux de plus de dix ans.

Renoncer au réacteur d'Arak

Deux questions dominent les débats: le niveau d'enrichissement d'uranium que peut conduire l'Iran et l'avenir du réacteur à eau lourde d'Arak, que les Occidentaux ne veulent pas voir produire du plutonium à des fins militaires.

Les Etats-Unis ont appelé Téhéran à renoncer purement et simplement à ce projet de réacteur, ou à la rigueur à revoir fortement à la baisse ses capacités, mais la République islamique traîne les pieds. Elle affirme que le futur réacteur est uniquement destiné à produire des radio-isotopes à des fins de recherche médicale.

Ligne rouge

D'après un haut responsable iranien, le guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, a néanmoins donné carte blanche aux négociateurs pour apporter aux Occidentaux des garanties sur le caractère purement civil du programme nucléaire de Téhéran.

«Mais la ligne rouge est la fermeture de tout site nucléaire et l'arrêt de l'enrichissement», a ajouté ce responsable. «Les discussions vont devenir de plus en plus difficiles car les faucons à Téhéran surveillent de très près les discussions».

Les ultraconservateurs iraniens, puissants au sein du clergé et de l'appareil de sécurité, sont méfiants vis-à-vis de la politique d'ouverture engagée par le président Hassan Rohani depuis sa prise de fonction en août 2013.

A Washington, les «faucons» américains font également pression, notamment au Sénat, pour interdire à l'Iran d'enrichir de l'uranium. (ats)

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