Actualisé 14.01.2014 à 06:29

Grande-Bretagne

Le reality-show sur les défavorisés choque

Le premier épisode de «Benefits Street», diffusé sur Channel 4, a énervé tout le monde. Ceux que trop d'aide sociale rebute, ceux qui y voient une déformation de la vérité et les protagonistes eux-mêmes.

de
Mathilde Jarry

Les 30'000 signatures qui avaient été recueillies lundi après-midi contre sa diffusion ne suffiront pas. Channel 4 proposera bien ce soir le deuxième épisode d'un reality-show qui divise les Britanniques. Intitulée «Benefits Street» («Aides sociales»), l'émission suit le quotidien des habitants, souvent au chômage et dépendant des aides gouvernementales, d'une rue de Birmingham. La ville n'a pas été choisie au hasard par la chaîne: 16,5% des habitants y sont sans emploi, ce qui correspond à deux fois plus que la moyenne du pays.

Avec plus de 4 millions de curieux pour le premier épisode diffusé le 6 janvier, et même 6 millions en comptabilisant les rediffusions, l'émission a fait un véritable carton en termes d'audience. Mais, depuis, les critiques fusent de toutes parts. Elles émanent de ceux qui sont choqués de constater que ces gens reçoivent autant d'aides. «Je voudrais aller là-bas avec une batte de baseball et leur écraser le cerveau», a écrit un internaute. D'autres sont encore plus extrêmes dans leurs propos: «Quelle pourriture de voyous. Une balle coûte environ 30 pence, donc avec un billet de 20 livres (ndlr: 30 francs), on pourrait se débarrasser de la rue et avoir encore de la monnaie en poche».

«Ils n'ont gardé que le négatif»

D'autres personnes s'offusquent au contraire de l'image véhiculée par ce programme télévisé. «Ayant vécu dans une rue proche de celle-ci, je peux honnêtement vous dire que l'émission n'est pas représentative», confie pour sa part l'initiateur de la pétition pour supprimer le show.

Enfin, ce sont les protagonistes eux-mêmes qui ont dit leur colère, s'estimant trahis par la chaîne. «Ils nous ont dit qu'ils voulaient saisir l'état d'esprit de la rue et montrer le positif, mais ils n'ont gardé que le négatif», a confié à la BBC un des personnages du premier épisode.

De son côté, le patron des documentaires de Channel 4 reste serein. «Le tollé que l'émission a suscité me conforte dans l'idée de la nécessité absolue de proposer des programmes sur ce sujet», a-t-il déclaré dans une tribune au «Guardian».

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