04.11.2020 à 05:20

GenèveLe rebond de la pandémie nourrit les bleus à l’âme

La sévérité des afflictions psychiques augmente au fil de la crise liée au Covid, selon les HUG. Mais il y a moyen de faire baisser la pression.

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David Ramseyer/ATS
Getty Images/iStockphoto

«Lorsque j’ai entendu qu’on reconfinait, j’ai eu envie de pleurer». Ce type de message a essaimé les réseaux sociaux à l’annonce du Conseil d’Etat, dimanche passé. Le climat anxiogène empire depuis plusieurs semaines et l’arrivée de la deuxième vague de Covid. Plus que de simples larmes, les afflictions de l’âme inquiètent les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). «Au fil du temps, depuis le premier confinement, nous constatons une plus grande souffrance psychique et l’émergence de nouveaux cas», énonce Lamyae Benzakour, médecin adjointe au Service de psychiatrie de liaison.

Anxiété, dépression, état de stress post-traumatique, addictions renforcées et violences intrafamiliales parfois… Ces troubles avaient atteint de nombreux habitants cloîtrés chez eux, le printemps dernier. «Aujourd’hui, avec une situation qui se prolonge et l’impression que tout se répète, les blessures morales peinent à cicatriser». Néanmoins, l’aggravation des cas n’est pas une fatalité. «Il peut y avoir en effet deux processus, relève Lamyae Benzakour. Un effet d’accumulation qui renforce les souffrances, mais aussi un effet d’habituation au stress, qui les réduit.»

Conseils pour relâcher le stress

Avec l’expérience acquise lors de la première vague, la spécialiste souligne l’importance de prévenir au plus tôt les afflictions. «Même confiné, il faut maintenir le lien social en parlant avec ses proches, au téléphone ou par vidéo; et surtout, ne pas hésiter à verbaliser son ressenti.» La médecin conseille toutes les pratiques «qui nous ressourcent habituellement», comme le sport, en respectant les mesures anti-Covid, bien sûr. Un tour en vélo ou une marche en forêt conviennent parfaitement.

«On peut aussi, en restant chez soi, exercer des activités sportives ou la méditation, en suivant notamment des tutoriels ». Enfin, il faut éviter de se focaliser entièrement sur l’actualité liée au Covid, suggère Lamyae Benzakour: «S’informer sur d’autres sujets, écouter de la musique ou lire un roman permettent de libérer l’esprit.»

Cabinets débordés

Selon une enquête de la Fédération suisse des psychologues menée auprès de 1300 professionnels exerçant dans le pays, la demande de consultations ou de thérapies a augmenté de 46% depuis l’été du fait de la pandémie et de ses conséquences. Plus de 70% des sondés ont déjà dû refuser des patients ou des clients par manque de capacités. Le Covid-19 a souvent aussi des effets négatifs sur les personnes déjà en traitement avant la pandémie. Parmi les sondés, 47% décrivent que la crise a aggravé les symptômes de leurs patients.

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188 commentaires
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Jeannot Lapin

04.11.2020 à 09:19

Pensée du jour: Un complot n’est jamais mieux protégé que par l’incrédulité de ceux qui en sont les victimes.

Michel

04.11.2020 à 09:13

C'est pathétique de constater le nombre de gens heureux de voir toutes ces petites entreprises faire faillite, tout perdre et ne pas comprendre les dépressions, on voit tout de suite ceux qui continuent de toucher leurs salaires, AI, AVS et vivent du social.

Jesus

04.11.2020 à 09:11

Heureux celui qui croit sans avoir vue st Thomas