Crise financière: Le rebond s'essouffle sur des craintes de récession
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Crise financièreLe rebond s'essouffle sur des craintes de récession

L'euphorie boursière aura été de courte durée.

Dans un marché pénalisé par le regain d'inquiétudes à Wall Street, les places européennes ont entamé leur redescente mercredi, après deux séances de net rebond.

Les multiples plans de soutien aux banques, détaillés ces derniers jours en Europe comme aux Etats-Unis, n'ont pas pleinement dissipé la nervosité des investisseurs concernant la crise financière et ses répercussions sur l'économie.

A l'ouverture, l'indice SMI cédait 1,30% à 6244,63 points à Zurich, dans le sillage des autres places européennes. Le Footsie abandonnait 0,19% à Londres, le Dax 0,23% à Francfort et le CAC 40 0,36% à Paris.

Exception

Une heure plus tôt, le Nikkei avait clôturé en hausse de 1,06% à Tokyo, après avoir évolué dans le rouge toute la journée avant de se reprendre dans les derniers échanges seulement. L'indice avait connu la veille une hausse record de 14,15% après avoir subi un krach de 24,33% la semaine dernière.

Vers 09h00 (heure suisse), Hong Kong perdait par contre 3%, Shanghai 1,1%, Bombay 4,3%. Les Bourses des monarchies pétrolières du Golfe ont elles aussi ouvert mercredi en baisse, Dubaï perdant plus de 5%, après deux jours de hausse importante.

Plan d'aide

La journée de mercredi doit être dominée par un sommet de l'Union européenne (UE) à Bruxelles. Décidés à agir groupés face à la crise, les dirigeants de l'UE se retrouvent pour une réunion de deux jours à Bruxelles au cours de laquelle les 27 vont tenter d'entériner le plan d'aide massif aux banques de près de 2000 milliards de dollars adopté dimanche par les 15 pays de la zone euro et le Royaume-Uni.

En Asie et en Europe, les investisseurs ont apparemment peu apprécié les commentaires de Janet Yellen, présidente de la banque centrale régionale de San Francisco. Celle-ci a annoncé mardi soir une croissance nulle pour l'économie américaine au troisième trimestre et une contraction au quatrième.

Soucieux d'envoyer un nouveau message fort au secteur financier, le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson a pourtant musclé mardi son plan de sauvetage de 700 milliards de dollars, en annonçant l'entrée de l'Etat fédéral américain au capital de plusieurs banques.

Série de mauvaises nouvelles

Mais après la baisse de Wall Street mardi (-0,82%), à contre- courant de l'euphorie qui régnait en Europe et en Asie depuis deux jours, les investisseurs asiatiques ont aussi réagi à une série de mauvais indicateurs économiques.

Première mauvaise nouvelle mercredi: la chute de 52,2% de l'excédent courant japonais en août, nettement pire que prévu, la baisse de la demande aux Etats-Unis ayant un impact brutal sur les exportations nippones. Parallèlement le ministère de l'Economie nippon a annoncé une baisse de 6,9% sur un an en août de la production industrielle dans l'Archipel.

Autre mauvaise nouvelle: le déficit budgétaire des Etats-Unis a été annoncé en forte hausse au cours de l'exercice 2007-2008 clos fin septembre, à 445 milliards de dollars, soit trois fois plus qu'en 2006-2007.

Spectre de la récession

De même la crainte d'une croissance négative se répand en Europe. Les grands instituts allemands de conjoncture ont ainsi estimé mardi que la première économie européenne était «au bord de la récession», prévoyant «au mieux» une croissance de 0,2% pour 2009.

Autre signe d'un ralentissement de l'économie: la nouvelle baisse des cours du pétrole, repassé sous les 80 dollars mercredi, à 78,10 dollars pour le baril de «light sweet crude» et 74,30 dollars pour le baril de Brent.

(ats)

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