Asile en Suisse: Le recours au droit d'urgence pas nécessaire
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Asile en SuisseLe recours au droit d'urgence pas nécessaire

L'afflux actuel de requérants d'asile en Suisse ne nécessite pas le recours au droit d'urgence. Le gouvernement rejette la motion UDC.

L'UDC Peter Keller (UDC/NW). Le parti suggère de trier les requérants selon le degré d'intensité des persécutions.

L'UDC Peter Keller (UDC/NW). Le parti suggère de trier les requérants selon le degré d'intensité des persécutions.

L'UDC demande que durant un an, plus personne ne puisse entamer une procédure, obtenir le statut de réfugié ou arriver en Suisse dans le cadre de contingents humanitaires ou via le regroupement familial. Un contrôle systématique des frontières devrait être réinstauré pour garantir le moratoire. La motion sera débattue par les Chambres fédérales la semaine prochaine. Mais le gouvernement la rejette d'ores et déjà.

En matière d'asile, la politique mise en oeuvre ambitionne à la fois d'assurer la protection aux personnes qui en ont besoin et de faire partir rapidement celles qui n'en ont pas besoin, rappelle le gouvernement. Selon lui, les mesures proposées par l'UDC seraient incompatibles avec ces objectifs et iraient en grande partie à l'encontre de la Convention relative au statut des réfugiés.

Suisse mieux lotie

Alors que le nombre de personnes en fuite à travers le monde se situe à un niveau inégalé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Suisse connaît une augmentation du nombre de demandes d'asile. Mais elle est très basse en proportion des requêtes totales en Europe. La situation est difficile, mais elle est loin d'un scénario de crise et ne justifie pas le recours au droit d'urgence.

Les prévisions tablent sur 29'000 nouvelles demandes cette année. La situation sera réexaminée dans les prochaines semaines, précise le Conseil fédéral. Le gouvernement a par ailleurs décidé d'accueillir en mars un contingent de réfugiés de 3000 personnes issues de Syrie. Les premières sont arrivées en août et jusqu'à 1000 pourraient le faire cette année, précise-t-il dans une réponse à une motion verte.

Peu de visas humanitaires

Pour éviter des tragédies humaines, les écologistes et Silvia Schenker (PS/BS) réclament la réintroduction de la possibilité de déposer une demande d'asile en ambassade, supprimée par loi urgente en Suisse en 2012. Ce rétablissement devrait être coordonné avec l'ensemble des acteurs européens et cette idée n'est actuellement pas réaliste, répond le Conseil fédéral.

En attendant, les personnes en détresse particulière peuvent demander un visa humanitaire dans une représentation suisse. 208 visas de ce genre ont été délivrés depuis 2012, précise le gouvernement à Peter Keller (UDC/NW). Il n'existe pas d'estimation sur le nombre à prévoir, mais les conditions d'obtention étant plus restrictives que pour les demandes d'asile en ambassade, la «grande majorité» des requêtes sont rejetées.

Les brimades ou discriminations légères ne suffisent pas à l'octroi du statut de réfugié, rappelle par ailleurs le Conseil fédéral à Jean-Pierre Graber (UDC/BE). Les persécutions doivent empêcher toute vie acceptable ou la rendre si difficile que la fuite à l'étranger représente la seule issue possible pour la personne persécutée. L'UDC suggère de trier les requérants selon le degré d'intensité des persécutions. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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