Actualisé 14.01.2014 à 16:57

Suisse

Le référendum anti-Gripen déposé

En trois mois, près de 100'000 personnes ont signé le texte contre l'achat d'un nouvel avion de combat.

Le comité anti-Gripen a déposé mardi le double des paraphes requis à la Chancellerie fédérale. La votation pourrait avoir lieu le 18 mai.

La plupart des signatures ont été récoltées par un comité rose-vert et le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA). Une alliance bourgeoise, emmenée par les Verts libéraux, y a contribué à raison de quelque 5000 paraphes.

Le peuple pourra décider s'il veut dépenser des milliards de francs pour un avion qui n'existe jusqu'ici que sur le papier ou si les deniers publics ne pourraient pas trouver un meilleur usage, affirme le comité «non aux milliards pour des avions de combat».

L'acquisition des 22 jets du constructeur suédois Saab est budgétée à 3,126 milliards de francs. Mais si l'on considère les frais de développement et d'entretien, la facture totale atteindra plus de 10 milliards, estiment les opposants.

Prix exagéré

Un prix «exagéré» pour un appareil qui doit encore être développé. Pour le comité opposé à l'achat, le constructeur suédois Saab vend un avion qui n'a pas encore volé une seule minute et encaisse des milliards, tandis que les contribuables suisses en assument les risques.

Les opposants au Gripen ne peuvent pas s'attaquer à l'achat des avions en tant que tel. Leur référendum combat donc la loi instituant le fonds de financement de l'acquisition, qui sera alimenté via une ponction moyenne annuelle de 300 millions pendant dix ans dans le budget de l'armée.

L'alliance anti-Gripen n'a pas manqué d'épingler la «nervosité» des milieux favorables au nouvel avion de combat qui acceptent que Saab s'immisce dans la campagne. Les dons d'une entreprise d'armement étrangère n'ont rien à faire dans une campagne de votation suisse, d'après elle.

Soutien de Saab pas exclu

Les partisans du Gripen n'excluent en effet pas un soutien financier de la part de Saab. Richard Smith, qui dirige la campagne en Suisse pour le compte du constructeur, a expliqué à l'ats que l'entreprise respecte les normes et habitudes en vigueur en matière de référendums.

«Cela comprend aussi le fait de ne pas commenter le soutien financier à des campagnes», a-t-il ajouté. Au niveau fédéral, la Suisse ne connaît pas de prescriptions légales concernant le financement des partis et des campagnes politiques.

Fondamentalement, la campagne devrait être alimentée par les milieux économiques suisses, estime le conseiller national Jakob Büchler (PDC/SG), président de l'Association pour une Suisse sûre, en première ligne pour défendre le Gripen. «Je ne suis actuellement pas en discussion avec Saab», précise-t-il.

Si le groupe suédois devait s'engager financièrement, le comité de l'Association pour une Suisse sûre devrait décider d'accepter ou non cette manne. Jakob Büchler n'exclut pas catégoriquement un appui financier de Saab, mais admet que la question est «délicate».

D'autres partisans bourgeois du Gripen se disent clairement contre une aide du constructeur, comme le président du PLR Philipp Müller. Un éventuel soutien suédéois ne serait pas très malin, estime ce dernier. Pour lui, Saab doit rester en dehors de la campagne. (ats)

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