20.07.2020 à 14:16

SuisseLe référendum contre SwissCovid prend forme

Fin juin, un groupe de citoyens a commencé à récolter des signatures contre l’app de traçage. Une conférence de presse aura lieu mardi.

de
Florian Paccaud
Le comité référendaire a jusqu’au 8 octobre 2020 pour récolter les 50’000 signatures valables.

Le comité référendaire a jusqu’au 8 octobre 2020 pour récolter les 50’000 signatures valables.

KEYSTONE

Depuis le 25 juin, il est possible de télécharger l’app SwissCovid. Son but consiste à tracer les chaînes de transmission du coronavirus. Fonctionnant grâce à la technologie Bluetooth, elle mesure anonymement la durée et la distance par rapport aux autres téléphones portables. L’app enregistre un contact étroit, soit moins de 1,5 mètre, durant plus de 15 minutes. Si les utilisateurs ont rencontré une personne infectée, ils sont informés d’une notification les prévenant qu’ils sont susceptibles d’avoir contracté le virus.

Le jour de son lancement, cet outil numérique a été activé par 566’894 personnes. Et en dix jours, l’app SwissCovid a dépassé le million de téléchargements, atteignant le nombre de 1’017’504 le 8 juillet. Mais rapidement, le nombre d’utilisateurs a diminué. À l’image du conseiller fédéral Ueli Maurer, qui a déclaré «Je ne comprends pas ce truc», de nombreux utilisateurs se sont montrés sceptiques. Dimanche dernier, moins d’un million d’individus l’utilisaient encore. L’OFSP avançait alors que les week-ends et le début des vacances pouvaient avoir un impact sur cette diminution. Mais la forte utilisation de la batterie lors de l’activation de cette app peut être une autre explication. Ce week-end, 34’000 personnes ont désactivé SwissCovid, d’après le pointage de l'Office fédéral de la statistique dimanche.

Un sondage de Comparis avait lui montré que 56% des personnes interrogées n’entendaient pas installer cette app. Or, pour qu’elle soit réellement efficace, il faudrait une participation de la population la plus large possible, au moins 60% d’après les experts.

Référendum

Le 30 juin, un groupe de citoyens, qui craint notamment pour la sécurité des données, a lancé un référendum afin que le peuple puisse se prononcer sur cette app. Les bases légales sur cette dernière avaient été adoptées par le Parlement lors de la session de juin. Une légifération échouant au plus tard le 30 juin 2022, à part si le Conseil fédéral retire cette loi avant, ne la jugeant plus nécessaire. Cependant, le comité référendaire craint qu’elle ne soit prolongée, entraînant des dérives en matière de contrôle, comme ce qui peut se voir en Chine.

Au début, ce groupe de citoyens n’a pas pu compter sur l’appui d’un parti national, d’un élu cantonal ou fédéral. Mais rapidement, le comité référendaire s’est développé. Le politicien indépendant vaudois François de Siebenthal est son porte-parole. Le conseiller national valaisan Jean-Luc Addor est à ce jour le seul représentant du Parlement à l’avoir intégré. Sur son site internet, le comité craint notamment que cette app n’ouvre la voie à «une société basée sur la surveillance numérique et le contrôle social». Elle menacerait donc «nos libertés et notre sphère privée».

De plus, les opposants craignent pour la sécurité des données et estiment qu’un véritable débat sur les risques de cette technologie n’a pas été mené. Utilisant les systèmes d’exploitation de Google et d’Apple pour fonctionner, les données enregistrées par l’app pourraient ainsi être stockées sur des serveurs à l’étranger, représentant un risque de fuite. Srdjan Capkun, professeur de sécurité des systèmes et des réseaux, n’est lui pas de cet avis: «Dans le cas de l’application SwissCovid, les informations sont traitées localement, toutes les données sont automatiquement supprimées après 21 jours et les données personnelles ne sont nulle part stockées de manière centralisée. La sécurité des données est garantie.»

La technologie Bluetooth pose également problème. Et des faux cas positifs, entraînant des quarantaines inutiles, paraissent inévitables. Le délai référendaire pour récolter les 50’000 signatures valables est fixé au 8 octobre 2020. Une conférence de presse est prévue demain à 14h00 à Berne afin de dévoiler de plus amples informations.

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319 commentaires
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Freedom

21.07.2020 à 18:07

Très bonne initiative !! ces applications de traçage et intrusion de la vie privée et récolte de données ça suffit !! pas question sous couvert du covid .. de faire main basse sur nos droits fondamentaux

UDC sans surprise

21.07.2020 à 15:45

Addor et les autres verrues d'extrême droite, pas étonnant...

HonoréDeBalzac

21.07.2020 à 14:27

Là on dépasse vraiment le sommet de la connerie! Lancer un référendum contre une application qui n’est obligatoire ! Nul doute que si un prix Nobel était décerné pour ce genre d’idiotie les auteurs de ce référendum seraient largement gagnants!