Actualisé 09.07.2020 à 17:07

Syrie

Le régime d’Assad épinglé pour des attaques chimiques au sarin

Pour la première fois, un rapport de l’OIAC désigne le régime syrien comme responsable d'attaques chimiques sur son propre sol.

AFP

Les Etats membres de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) ont averti jeudi Damas qu'ils pourraient prendre des mesures à son encontre suite à un rapport désignant pour la première fois le régime syrien comme responsable d'attaques chimiques sur son propre sol.

Une majorité des pays du conseil exécutif de l'OIAC – qui comprend 41 de ses 193 Etats membres – a voté en faveur d'une proposition visant à enjoindre la Syrie à partager tous les détails disponibles sur les installations où le sarin et le chlore utilisés lors d'attaques en 2017 ont été «produits et stockés».

La décision intervient après que l'équipe d'identification et d'enquête (IIT) de l'organisation basée à La Haye a établi en avril que l'armée de l'air de Bachar al-Assad avait lâché des bombes contenant ces deux substances à Latamné, dans le nord de la Syrie, violant ainsi la Convention sur les armes chimiques. Selon des diplomates, la motion proposée par la France a été adoptée à la majorité avec 29 voix, la Russie, la Chine et l'Iran ayant été les seuls pays à voter contre.

«C'est un bon résultat pour la sécurité internationale et la lutte contre l'impunité», a réagi l'ambassadeur de la France aux Pays-Bas, Luis Vassy. «C'est un succès pour l'organisation qui se met en mesure de remplir son mandat», a-t-il ajouté auprès de l'AFP.

Damas dispose désormais de 90 jours pour «redresser la situation» en déclarant notamment toutes les armes chimiques restantes dont il dispose, y compris le sarin et le chlore. Si elle ne se conforme pas, la Syrie devra faire face à un vote recommandant une «action appropriée» à son encontre lors de la réunion annuelle réunissant tous les Etats membres de l'OIAC, prévue en novembre.

La Syrie pourrait également voir son droit de vote suspendu, soit la plus haute sanction permise par l'OIAC, si elle ne prend pas de mesures, selon des sources diplomatiques.

Malgré de fortes objections de la part de la Syrie et de ses alliés, dont Moscou, une majorité des Etats membres avaient autorisé en 2018 l'OIAC à désigner l'auteur d'une attaque chimique et non plus seulement à documenter l'utilisation d'une telle arme.

Le directeur général de l'organisation, Fernando Arias, a affirmé plus tôt cette semaine que l'IIT enquêtait sur de nouveaux incidents en Syrie.

Le gouvernement syrien nie constamment toute implication dans des attaques chimiques, affirmant avoir remis tous ses stocks d'armes chimiques sous supervision internationale aux termes d'un accord conclu en 2013.

(AFP)

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