Actualisé 11.03.2011 à 06:55

Crise en LibyeLe régime du colonel Kadhafi «l'emportera»

Le chef des services de renseignements américains estime que les forces fidèles à Mouammar Kadhafi sont en train de l'emporter sur l'insurrection en Libye.

«S'agissant des rebelles en Libye, et sur le point de savoir s'ils vont réussir ou pas, je pense franchement qu'ils sont engagés dans une bataille difficile», a affirmé le directeur national du renseignement américains (DNI), James Clapper. Il a même estimé qu'avec le temps, le régime du colonel Kadhafi «l'emportera».

Les forces fidèles au colonel Kadhafi ont repris jeudi le controle de la ville de Zawiyah, à 40 km à l'ouest de Tripoli. A coups de raids aériens et d'attaques à la roquette, elles ont aussi forcé les insurgés à fuir Ras Lanouf, ville pétrolière stratégique située à 650 km de la capitale.

M. Clapper a également expliqué aux membres de la commission de la Défense du Sénat que le système de défense anti-aérien libyen était «assez important» et n'était dépassé au Moyen-Orient que par celui de l'Egypte.

Une réflexion qui devrait être à l'esprit des alliés de l'OTAN, qui se verront soumettre mardi un plan en vue d'une possible zone d'exclusion aérienne, comme l'a annoncé Hillary Clinton. La secrétaire d'Etat américaine a assuré que les Etats-Unis et leurs alliés «continuent de planifier toute la gamme des actions possibles».

«Le temps presse»

D'accord pour hâter la fin du régime de Mouammar Kadhafi et prendre contact avec la rébellion, les Occidentaux ont passé en revue jeudi les moyens, y compris militaires, de nature à mettre un terme à la crise en Libye avant qu'elle n'échappe à tout contrôle.

L'OTAN estime que «le temps presse en Libye» et elle se tient prête à agir si elle en a le mandat, a déclaré le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen, en marge d'une réunion des ministres de la Défense des 28 pays alliés.

Pression franco-britannique sur l'UE

La balle est désormais dans le camp des chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept, qui se réunissent ce vendredi à Bruxelles pour discuter de la situation en Libye.

Les avis divergent sur l'opportunité de reconnaître formellement l'organe de l'opposition au régime de Mouammar Kadhafi comme seul interlocuteur, et sur l'option militaire pour venir en aide aux insurgés, ne serait-ce que via l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne.

En pointe sur la question, la France et la Grande-Bretagne mettent les autres membres de l'UE sous pression. Dans une lettre adressée au président de l'Union Hermann van Rompuy, Nicolas Sarkozy et David Cameron estiment que «Mouammar Kadhafi et sa clique» doivent partir, préconisent un signal politique clair et n'excluent pas la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne.

La France est par ailleurs devenue jeudi la première puissance occidentale à reconnaître le Conseil national libyen (CNL) proclamé à Benghazi par les insurgés. Mais nombre de pays européens sont réticents à s'engager sur cette voie, à commencer par l'Allemagne et l'Italie.

Refus africain

Autre écueil pour les diplomates occidentaux, l'Union africaine a rejeté vendredi toute forme d'intervention militaire étrangère en Libye. «Le Conseil réaffirme son ferme engagement en faveur du respect de l'unité et de l'intégrité territoriale de la Libye, ainsi que son rejet de toute forme d'intervention militaire étrangère» dans ce pays, a déclaré le commissaire à la paix et à la sécurité de l'organisation, Ramtane Lamamra.

Pendant ce temps, l'exode se poursuit. Plus de 250'000 personnes ont fui la Libye pour les pays voisins depuis le début du mouvement de révolte, à la mi-février, a indiqué jeudi le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha). (ats/afp)

Plus de 250'000 personnes ont fui

Plus de 250'000 personnes ont fui la Libye pour les pays voisins depuis le début, mi-février, du mouvement de révolte contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi, a indiqué jeudi le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Plus de 137'400 personnes ont traversé la frontière pour se rendre en Tunisie, 107'500 en Egypte, 5400 en Algérie et 2200 au Niger, a précisé Ocha dans un communiqué.

Les trois soldats néerlandais libérés

Les trois soldats néerlandais détenus en Libye depuis le 27 février ont été libérés et ont quitté Tripoli. «Ils sont en forme», a indiqué vendredi un porte-parole du ministère néerlandais de la Défense.

Les soldats, deux hommes et une femme, équipage d'un hélicoptère de la marine, ont quitté la capitale libyenne à bord d'un appareil militaire grec à destination d'Athènes. Ils sont arrivés en début de matinée dans la capitale grecque, a constaté une photographe de l'AFP.

La télévision libyenne avait annoncé en fin d'après-midi la libération imminente des trois militaires, confirmée peu après par l'un des fils du colonel Kadhafi, Seif al-Islam.

Les soldats néerlandais s'étaient rendus sans autorisation des autorités libyennes à Syrte (nord de la Libye), à bord d'un hélicoptère de la marine, pour évacuer deux civils.

Leur appareil avait été attaqué alors qu'il s'apprêtait à décoller. Les soldats avaient été faits prisonniers et les deux civils, un ingénieur néerlandais et un autre ressortissant européen, avaient été remis peu après à l'ambassade des Pays-Bas à Tripoli.

Le gouvernement néerlandais avait observé une grande discrétion sur la situation de ses trois soldats, répétant que les Pays-Bas avaient recours à «tous les moyens diplomatiques possibles» pour obtenir leur libération.

Les forces de Kadhafi dans le centre de Ras Lanouf

L'armée libyenne fidèle au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a réussi à pénétrer dans l'important port pétrolier de Ras Lanouf. Elle affronte les rebelles qui occupent cette ville, a annoncé un des insurgés vendredi.

«J'ai vu environ 150 hommes et trois chars. Je peux entendre des combats», a affirmé ce combattant, Ibrahim al Alouani, joint au téléphone par Reuters. Il a précisé que lui et ses camarades se trouvaient toujours dans la ville.

Jeudi soir, Saïf al Islam, l'un des fils de Mouammar Kadhafi, avait affirmé que les troupes loyalistes allaient lancer une offensive de grande ampleur.

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