Actualisé 14.03.2016 à 07:06

PourparlersLe régime exclut de négocier du sort d'Assad à Genève

Des représentations de l'opposition syrienne sont arrivés samedi à Genève. Mais Damas refuse de négocier le départ du président.

Les pourparlers se tiendront dans l'enceinte onusienne de Genève.

Les pourparlers se tiendront dans l'enceinte onusienne de Genève.

photo: Keystone

Les deux chefs de la délégation de l'opposition syrienne sont arrivés samedi à Genève. Ils doivent participer dès lundi au nouveau round des négociations de paix sur la Syrie. Mais le régime de Damas a exclu toute discussion à propos de la présidence.

L'opposition se fait des illusions si elle croit qu'elle peut prendre le pouvoir à Genève alors qu'elle n'a pas réussi à le prendre sur le champ de bataille, a déclaré le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem lors d'une conférence de presse à Damas.

La délégation gouvernementale rejettera les tentatives d'inscrire le sujet de l'élection présidentielle à l'ordre du jour des discussions. Il a «conseillé» à l'opposition «de ne pas venir aux discussions s'ils avaient en tête» de discuter de la présidence. «Ils doivent abandonner leurs illusions», a-t-il dit.

L'émissaire de l'ONU sur la Syrie Staffan de Mistura a affirmé vendredi que les discussions qui doivent débuter ce lundi à Genève porteraient sur trois points: «un nouveau gouvernement inclusif, une nouvelle Constitution et de nouvelles élections» législatives et présidentielle qui doivent être organisées dans les 18 mois.

Walid Mouallem a toutefois estimé que «ni lui, ni personne d'autre, quel qu'il soit, n'a le droit de discuter des élections présidentielles. C'est du seul ressort du peuple syrien», a-t-il martelé.

L'opposition à Genève

Les groupes de l'opposition rassemblés au sein du Haut comité des négociations (HCN) insiste, lui, sur la «constitution d'un corps exécutif transitoire doté de tous les pouvoirs exécutifs» et dans lequel le président Bachar el-Assad «n'a pas sa place».

En réponse à ces propos, le HCN a accusé Damas de mettre fin aux discussions avant même qu'elles aient commencé. «Je crois qu'il (Walid Mouallem, ndlr) porte un coup fatal à Genève, c'est clair», a dit Monzer Makhous, membre du HCN, à la chaîne de télévision Al Arabiya al Hadass. «Mouallem arrête les pourparlers avant même qu'ils ne commencent», a-t-il souligné.

Le négociateur en chef de l'opposition syrienne, le chef rebelle salafiste Mohammed Allouche, et le président de la délégation, Assad al-Zoabi, sont arrivés samedi à Genève, au moment où le régime menaçait de ne pas participer aux discussions si l'opposition n'était pas sur place lundi. M. Mouallem a affirmé que la délégation du régime partirait dimanche pour la cité de Calvin.

Dans une interview au quotidien Le Temps, Staffan de Mistura a par ailleurs estimé que les Kurdes syriens devront pouvoir donner leur opinion sur la future gouvernance et la Constitution du pays. Ces derniers ne sont pas invités aux pourparlers de Genève.

Réunion américano-russe

Avant le lancement du nouveau round de discussions, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a annoncé que des observateurs russes et américains se pencheraient encore samedi sur les quelques violations de la trêve en Syrie lors de réunions à Genève et à Amman.

«Le niveau de la violence a été réduit de 80% à 90%, ce qui est très significatif», a-t-il déclaré lors d'une brève visite en Arabie saoudite. M. Kerry devait ensuite se rendre à Paris où il doit rencontrer dimanche ses homologues français, allemand, britannique et italien pour faire le point sur la situation en Syrie.

John Kerry a également invité la Russie et l'Iran à agir de sorte que «le régime d'Assad respecte l'accord» sur la cessation des hostilités et n'exploite pas la trêve actuellement en cours pour réaliser des gains sur le terrain.

«Etape cruciale»

Pour lui, les pourparlers de Genève marquent «une étape cruciale pour une solution politique» au conflit qui entre mardi dans sa sixième année. Les principales agences de l'ONU, dont le HCR et l'Unicef, ont elles fait état d'une «fragile lueur d'espoir» en raison de la trêve permettant l'acheminement de l'aide sur le terrain. «Moins de bombes tombent, l'accès humanitaire s'est ouvert par endroits», ont-elles relevé.

Mais même en cas de progrès à Genève, les djihadistes de l'Etat islamique (EI) et du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al Qaïda, poursuivront le combat. Exclus de la trêve, ils continuent d'être bombardés à la fois par les Russes et la coalition internationale dirigée par les Etat-Unis. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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