Afghanistan - Le retrait de l’Otan a commencé de manière «coordonnée»
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AfghanistanLe retrait de l’Otan a commencé de manière «coordonnée»

Washington a précisé que le retrait américain s’accompagnait d’une augmentation provisoire des déploiements sur place et aux alentours pour assurer «un retrait sûr et délibéré».

Les pays les plus engagés en Afghanistan sont les États-Unis (2500 militaires), l’Allemagne (1300), l’Italie (895), le Royaume-Uni (750) et la Turquie (600). (Photo JOHANNES EISELE / AFP)

Les pays les plus engagés en Afghanistan sont les États-Unis (2500 militaires), l’Allemagne (1300), l’Italie (895), le Royaume-Uni (750) et la Turquie (600). (Photo JOHANNES EISELE / AFP)

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Après 20 ans de présence en Afghanistan, un pays toujours en proie aux violences, l’Otan a commencé jeudi le retrait des contingents de sa mission «Resolute Support» et toutes les mesures ont été prises pour assurer leur sécurité.

«Le retrait a commencé. Il s’agira d’un processus ordonné, coordonné et délibéré. La sécurité de nos troupes sera une priorité absolue à chaque étape du processus et nous prenons toutes les mesures nécessaires pour mettre notre personnel à l’abri», a annoncé à l’AFP un responsable de l’Alliance, sous couvert de l’anonymat.

Il n’a toutefois pas précisé le nombre de soldats ni les échéances pour chacun des pays engagés, pour des raisons de sécurité. «Toute attaque des talibans au cours du retrait fera l’objet d’une réponse énergique», a-t-il assuré. «Nous prévoyons que notre retrait sera achevé d’ici à quelques mois».

La Maison Blanche a précisé jeudi que le début du retrait américain s’accompagnait d’une augmentation provisoire des déploiements en Afghanistan et aux alentours pour assurer «un retrait sûr et délibéré».

Cinq pays ont déployé les deux tiers des militaires engagés

Les Alliés ont décidé à la mi-avril de commencer le retrait de leurs contingents d’ici au 1er mai. Le président américain Joe Biden a estimé que l’objectif de la mission avait été «rempli» et a prévu la fin du retrait des troupes américaines pour le 11 septembre, une date symbole, car les Américains et l’Otan sont intervenus contre Al-Qaïda dans ce pays après les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis.

Joe Biden a repoussé de cinq mois la date butoir du 1er mai prévue pour ce retrait total dans l’accord historique conclu en février 2020 par son prédécesseur Donald Trump avec les talibans. Les pays les plus engagés en Afghanistan sont les États-Unis (2500 militaires), l’Allemagne (1300), l’Italie (895), le Royaume-Uni (750) et la Turquie (600).

Ces cinq pays ont déployé 6000 des 9592 militaires engagés par 36 pays membres de l’Otan – et partenaires, comme l’Ukraine (10 militaires) –, dans l’opération Resolute Support. Les Américains sont basés à Kandahar (sud) et Laghman (est), les Allemands à Mazar-e-Sharif (nord), les Italiens à Herat (sud-ouest) et les Turcs à Kaboul. Les Allemands ont annoncé leur intention de terminer le retrait de leur force pour le 4 juillet.

La ministre belge de la Défense, Ludivine Dedonder, a annoncé mercredi que le retrait des 72 militaires belges basés à Mazar-e-Sharif «sera achevé pour l’été et ce, en concertation avec notre partenaire allemand». La mission «Resolute Support» était une mission de formation des forces afghanes afin de leur permettre d’assurer la sécurité de leur pays après le départ des forces étrangères.

Mis à genoux par les talibans

Les talibans multiplient les attaques meurtrières contre des policiers et des militaires afghans depuis l’annonce de la fin de la mission de l’Otan. De nombreux analystes considèrent que le retrait des forces de l’Alliance pourrait plonger l’Afghanistan dans une nouvelle guerre civile ou permettre le retour au pouvoir des talibans, qui en avaient été chassés fin 2001.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell n’a pas caché sa déception jeudi au cours d’une discussion organisée en visio-conférence par le Groupe d’Études Géopolitiques. «Après 20 ans, nous partons et nous voyons le résultat», a-t-il lancé, désabusé, en déplorant l’absence d’un véritable État dans le pays et le fait que les soldats de l’Otan soient considérés comme «une force d’occupation».

Ce départ était nécessaire juge un diplomate européen, car «cette guerre n’est plus gagnable, mais l’Otan ne peut se permettre de la perdre piteusement». «Après 20 ans de guerre, on parlerait plutôt d’échec cuisant», commente Georges Lefeuvre, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste de l’arc de crise Afghanistan-Pakistan-Inde.

Cette guerre avait pour objectif «quoi qu’en dise aujourd’hui Joe Biden, de défaire définitivement les talibans» et le résultat est «finalement d’être mis à genoux par ces derniers!» analyse-t-il. Les Alliés ont assuré qu’ils continueront d’être «aux côtés de l’Afghanistan, de son peuple et de ses institutions pour promouvoir la sécurité et préserver les acquis».

(AFP)

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