Actualisé 23.12.2019 à 10:11

France

Le réveillon de Noël à l'épreuve des grèves

Pour la 19e journée de grève consécutive contre la réforme des retraites, les transports en France devraient être à nouveau perturbés.

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L'Assemblée a rejeté mardi soir les motions de censure de droite comme de gauche opposées à Edouard Philippe et son recours au 49-3 pour faire passer la réforme des retraites. Cette dernière est de facto adoptée en première lecture. (Mardi 3 mars 2020)

L'Assemblée a rejeté mardi soir les motions de censure de droite comme de gauche opposées à Edouard Philippe et son recours au 49-3 pour faire passer la réforme des retraites. Cette dernière est de facto adoptée en première lecture. (Mardi 3 mars 2020)

AFP
Édouard Philippe a dégaîné samedi le 49-3, engageant la responsabilité du gouvernement pour faire adopter le texte sur la réforme des retraites sans vote à l'Assemblée Nationale. (Dimanche 1er mars 2020)

Édouard Philippe a dégaîné samedi le 49-3, engageant la responsabilité du gouvernement pour faire adopter le texte sur la réforme des retraites sans vote à l'Assemblée Nationale. (Dimanche 1er mars 2020)

AFP
Les manifestations contre la réforme des retraites a attiré moins de 100'000 personnes, en France. (Jeudi 20 février 2020)

Les manifestations contre la réforme des retraites a attiré moins de 100'000 personnes, en France. (Jeudi 20 février 2020)

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Pas de répit en vue cette semaine pour les usagers du rail en France: les grévistes mobilisés contre la réforme des retraites veulent «maintenir la flamme» pendant les Fêtes. L'Exécutif devait, lui, annoncer lundi le calendrier des négociations qu'il prévoit en janvier.

Grève dans les transports, jour 19. Après un week-end de départ en vacances compliqué pour les voyageurs, le trafic SNCF est «conforme aux prévisions» lundi matin, c'est-à-dire «toujours fortement perturbé», avec seulement 40% des TGV et TER en circulation, 20% des Transiliens (RER SNCF et trains de banlieue) et un quart des Intercités.

En Île-de-France, l'«amélioration» promise par la RATP reste minime, avec toujours six lignes de métro sur seize totalement fermées, un fonctionnement normal seulement pour les deux lignes automatisées, et une circulation des RER A et B cantonnée aux heures de pointe, synonyme de rames rapidement bondées dès avant l'aube.

Pour certains usagers, il sera au moins aussi difficile de réveillonner que de se rendre au travail. Mardi, à la veille de Noël, les Transilien s'arrêteront progressivement de circuler à partir de 18h jusqu'à au moins mercredi après-midi.

Macron sort de son silence

La suspension du mouvement n'est donc toujours pas au programme. N'en déplaise au président Emmanuel Macron, sorti de son silence samedi depuis Abidjan pour rappeler aux grévistes qu'il est «bon de savoir faire trêve» et invoquer leur «esprit de responsabilité».

Le nouveau secrétaire d'État aux Retraites, Laurent Pietraszewski, a enfoncé le clou dimanche, estimant que les propositions mises sur la table à la SNCF et la RATP – concernant la progressivité du recul de l'âge de départ ou le niveau des pensions – «doivent permettre de reprendre le travail».

Sauf que la CGT-Cheminots et SUD-Rail, qui prévoient notamment des «actions» le 28 décembre, ainsi que la CFDT-Cheminots, ne sont pas de cet avis. Tout comme certains militants de l'UNSA ferroviaire, malgré l'appel à la «pause» de leur bureau fédéral.

Trois pôles de discussions

Le gouvernement veut remplacer les 42 régimes de retraites existants par un «système universel» par points et exclut de revenir sur la «suppression des régimes spéciaux», comme l'a rappelé Laurent Pietraszewski. Le nouveau «Monsieur Retraites» du gouvernement devait présenter «lundi un programme et un calendrier de concertation», avec des réunions avec les partenaires sociaux début janvier, le projet étant attendu en Conseil des ministres le 22.

Il mènera des discussions sur «le minimum contributif et les transitions», le secrétaire d'État à la Fonction publique, Olivier Dussopt, celles «sur la retraite progressive dans la fonction publique» et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, «celles sur l'emploi des seniors et la pénibilité».

Qualifiée d'«erreur historique» par Yves Veyrier, le numéro un de Force ouvrière, la réforme universelle «doit être écartée» car «le système actuel fonctionne déjà très bien». À défaut de pouvoir satisfaire la CGT et FO, qui appellent à une mobilisation le 9 janvier, il faudra lâcher du lest à l'attention des syndicats favorables à la réforme, CFTC, UNSA et CFDT.

Or, Laurent Pietrasezwski écarte d'emblée certaines de leurs revendications, comme la prise en compte de certains facteurs de pénibilité, dont le port de charges lourdes. Ligne rouge pour les réformistes, l'âge d'équilibre à 64 ans assorti d'un bonus-malus, voulu par le gouvernement à l'horizon 2027 pour redresser les comptes sans augmenter les cotisations, sera un point crucial des débats. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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