Crise du lait: Le revenu agricole 2009 en nette baisse
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Crise du laitLe revenu agricole 2009 en nette baisse

La chute du prix du lait (-13% en une année) est la cause principale de la baisse du revenu agricole en 2009.

Par rapport à 2008, le recul atteint 7,6%, a indiqué lundi l'OFS. Le syndicat Uniterre, «extrêmement inquiet», craint une «hécatombe d'exploitations».

L'Office fédéral de la statistique (OFS) a publié lundi ses premières estimations. La baisse de la rémunération moyenne du travail agricole par emploi devrait être de l'ordre de 4,1%. Elle est inférieure aux 7,6% pour la simple raison que le nombre d'emplois recule et ce sont donc moins de personnes qui se partagent le revenu.

Cette baisse des emplois ne compense donc pas le recul de 5,4% de la rémunération du travail dégagée par le secteur agricole. Ce revenu du travail est formé par le cumul de la rémunération des personnes salariées avec le revenu net d'entreprise, qui rémunère principalement le travail des personnes indépendantes, précise l'OFS.

Pour ce qui est du volume de travail, la réduction serait d'environ 1,3% par rapport à 2008. Et si le revenu par unité de travail recule de 4,1%, il devrait toutefois rester supérieur au niveau obtenu en 2007, observe encore l'OFS.

Marchés touchés de plein fouet

C'est qu'en 2008, la demande mondiale en matières premières et alimentaires était forte et les prix élevés, alors que 2009 sera une année marquée par la crise. Céréales, oléagineux et produits laitiers sont repartis à la baisse.

Environ 48% de la valeur de production de l'agriculture suisse est issue de la production animale, dont près de la moitié de la production laitière. En 2008, par les effets conjugués des hausses du prix et des quantités livrées, la production laitière enregistrait le meilleur résultat depuis 1998 (près de 2,7 milliards de francs).

Pour 2009, plusieurs facteurs influencent le marché du lait, note l'OFS. Au niveau international, la contraction de la demande contribue notamment à la baisse du prix des céréales et des oléagineux, mais aussi à celui du lait par le biais des produits laitiers transformés.

Recul de 450 millions

En Suisse, le contingentement laitier, introduit il y a plus de 30 ans, est abandonné, et le niveau de production de 2008 maintenu. En définitive, le prix du lait a chuté en moyenne de plus de 10 centimes par kilogramme (-13%) en une année, pour se retrouver dans la tendance baissière observée depuis plusieurs années.

Malgré des quantités produites comparables, le recul cumulé de la valeur de production laitière et bovine par rapport à 2008 est estimé à plus de 11%. Soit un manque à gagner de 450 millions de francs. Selon l'OFS, la diminution du nombre d'exploitations et d'emplois dans l'agriculture va se poursuivre en 2009.

Hécatombe d'exploitations

«La situation est extrêmement inquiétante», a indiqué à l'ATS Valentina Hemmeler, secrétaire syndicale à Uniterre. Le prix du lait payé au producteur a baissé de 20 centimes, passant de 76 à 55 centimes, voire au-dessous. Celui des céréales également, or ce sont souvent les même producteurs, qui sont ainsi doublement touchés.

Certains se tournent vers la viande, poursuit Mme Hemmeler, ce qui ne fera que reporter le problème. La disparition des exploitations, qui était de l'ordre de 3% par an, risque de s'accélérer: «Nous craignons une hécatombe».

A raison de six ou sept qui ferment boutique chaque jour en Suisse, avec deux emplois en moyenne, ce sont quelque 5000 emplois par an qui disparaissent. Une «mort silencieuse» qui, par rapport aux suppressions de postes dans d'autres secteurs, n'est que rarement évoquée, comme le relève Mme Hemmeler.

Révolte paysanne

Confrontés à cette situation dramatique qui touche également leurs confrères européens, des agriculteurs suisses ont lancé à la mi-septembre la «révolte paysanne». Défilés de tracteurs, épandage ou vente directe de lait se sont succédé depuis lors.

(ats)

Les activités secondaires non agricoles progressent

Estimées pour 2009 à plus de 350 millions de francs, les activités secondaires non agricoles progressent. Transformation de produits à la ferme (jus de fruit, produits laitiers, viande et charcuterie), pension de chevaux ou encore nuitées sur la paille affichent une hausse de 1,9%.

Ces activités avaient connu un creux au début de la décennie. En particulier à cause de la modification de la législation alimentaire, qui découragea bon nombre de familles paysannes à effectuer les investissements nécessaires pour continuer à faire boucherie à la ferme.

Depuis, la diversification des sources de revenus par de véritables spécialisations au-delà des activités agricoles de base est devenue une réalité du monde rural suisse, note l'OFS.

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