Maltraitance animale : Le risque des chevaux contagieux était connu
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Maltraitance animale Le risque des chevaux contagieux était connu

Les autorités thurgoviennes ont récemment vendu aux enchères les 93 équidés présumés maltraités de Hefenhofen alors qu'elles savaient que certains risquaient d'être atteints de la gourme.

par
ofu
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Ce sont les recrues du centre qui prennent soin des animaux mal en point. Certains sont surtout très sales, d'autres sont en plus très maigres.

Ce sont les recrues du centre qui prennent soin des animaux mal en point. Certains sont surtout très sales, d'autres sont en plus très maigres.

kein Anbieter/Adrian Moser/ Bund
Le colonel Jürg Liechti, commandant du centre de compétence et de service vétérinaire de l'armée

Le colonel Jürg Liechti, commandant du centre de compétence et de service vétérinaire de l'armée

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Un poulain avec sa mère. Tous deux sont très amaigris et reçoivent des soins spéciaux.

Un poulain avec sa mère. Tous deux sont très amaigris et reçoivent des soins spéciaux.

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Ce vendredi, l'affaire des chevaux retrouvés en piteux état à Hefenhofen (TG) a connu un nouveau rebondissement. En début de semaine, on apprenait que plusieurs équidés du Centre de compétences vétérinaire de l'armée à Schönbühl (BE), où les bêtes thurgoviennes ont séjourné près d'une semaine avant d'être vendues aux enchères, sont soupçonnés d'être atteints de la gourme.

«Symptômes de la gourme»

«Blick» révèle désormais qu'au total huit chevaux militaires souffrent actuellement de cette maladie, également appelée angine du cheval (lire encadré). «Il est probable que la bactérie est arrivée dans le centre par le biais des chevaux de Hefenhofen. Mais il n'est pas possible de le prouver à 100%», affirme Jürg Liechti, chef du centre de compétences.

Des indices montrent que la gourme a pu faire son apparition à la ferme d'Hefenhofen au cours des derniers mois, ont reconnu les autorités cantonales. Cependant, la situation a été maîtrisée et le développement de la maladie empêché. Les chevaux étaient donc tous sains lors de la vente.

Certains animaux, porteurs du virus mais ne présentant aucun symptôme, auraient néanmoins pu échapper au dépistage et propager l'infection dans leur cercle immédiat, selon le communiqué. Il est aussi possible que des chevaux thurgoviens aient directement contaminé des congénères du centre de l'armée, tant selon le porte-parole de l'armée que d'après les autorités cantonales.

Selon des informations du quotidien alémanique, le service vétérinaire thurgovien, qui a organisé la vente aux enchères, savait que certains des 93 équidés présumés maltraités présentaient des symptômes de la gourme. Dans un document datant du 11 août, on peut ainsi lire à propos d'un des animaux: «Symptômes de la gourme. Écoulement par les yeux.»

Maladie apaisée

Le vétérinaire cantonal lucernois Otto Ineichen confirme l'authenticité du document. «Ce rapport a été rédigé par le service vétérinaire lucernois dans le cadre d'une entraide judiciaire formulée par le canton de Thurgovie.» Selon «Blick», le document a été remis au service vétérinaire thurgovien, qui a malgré tout procédé à la vente aux enchères le 17 août dernier sans en informer les acheteurs.

Confrontées, les autorités thurgoviennes se défendent: «L'évaluation faite sur place n'a pas permis d'établir qu'il existait un risque imminent. Il avait été communiqué que la gourme avait fait son apparition dans l'étable de Hefenhof en hiver dernier. Mais le processus de la maladie s'est apaisé depuis un certain temps», explique le chef de la communication Walter Hofstetter.

Jürg Liechti, du centre de compétences de l'armée, précise par ailleurs que la gourme n'est pas une maladie à déclaration obligatoire. Contacté, Erwin Kessler, un protecteur des animaux thurgovien, contredit: «La déclaration obligatoire, c'est une chose. Mais il ne faut pas oublier l'obligation de diligence!» (ofu/ats)

La gourme, c'est quoi?

C'est une maladie contagieuse des équidés causée par un streptocoque. Elle touche plus sévèrement les animaux de moins de 5 ans ou de plus de 20 ans. La transmission se fait par contact direct d'un cheval avec un autre ou par contact avec du matériel contaminé. Il existe un vaccin préventif.

Les symptômes se manifestent de deux à six jours après la contamination. Le pourcentage de chevaux malades dans une même écurie peut être très élevé (près de 100%), mais la mortalité est faible. Le taux de complication est autour de 20%.

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