Allemagne: Le rival de Merkel lance sa campagne
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AllemagneLe rival de Merkel lance sa campagne

Le principal rival d'Angela Merkel aux législatives allemandes, le social-démocrate Peer Steinbrück, s'est lancé dimanche dans la bataille. Il a placé l'égalité et la justice sociale au coeur de sa campagne.

M. Steinbrück a accusé Mme Merkel de récolter les fruits des réformes engagées par les sociaux-démocrates.

M. Steinbrück a accusé Mme Merkel de récolter les fruits des réformes engagées par les sociaux-démocrates.

«Liberté, équité sociale, solidarité: ces valeurs resteront notre ligne directrice», a lancé M. Steinbrück, devant les quelque 600 délégués réunis à Hanovre (nord), cinq jours après le sacre triomphal dans cette même ville de Mme Merkel, reconduite avec 98% des voix à la tête de l'Union chrétienne-démocrate (CDU).

«Au nom de ces valeurs, je suis candidat pour être chancelier de la République fédérale d'Allemagne», a-t-il lancé, un pari qu'il n'a, selon les sondages, pas grande chance de gagner.

Dans un discours d'une heure et 48 minutes intitulé «diriger l'Allemagne mieux et plus équitablement», l'ex-ministre des Finances de Mme Merkel (2005 - 2009) a décliné son combat pour notamment un salaire minimum légal, une meilleure offre pour les gardes d'enfants, des logements moins chers.

«Un pays isolé»

Il a attaqué la CDU, qui n'aurait d'autre programme électoral que la personne de la chancelière, dont les slogans politiques sont «comme des étiquettes sur des bouteilles vides».

«Mme Merkel dit qu'elle dirige le meilleur (...) gouvernement depuis la Réunification (en 1990). J'ai rarement autant ri», a-t-il lancé en déclenchant un tonnerre d'applaudissement.

Il a aussi accusé la chancelière d'«avoir isolé» le pays. «Toutes les discussions que j'ai menées ces dernières semaines avec les chefs de gouvernements et de l'opposition» de différents pays d'Europe» m'ont confirmé que l'Allemagne s'est éloignée de sa maxime: 'être un peuple de bons voisins'», a-t-il lancé.

Depuis quelques semaines, le SPD, qui a soutenu tous les plans de sauvetage contre la crise de l'euro proposés par Mme Merkel au parlement, tente de se démarquer de sa politique européenne, insistant sur l'importance de relancer la croissance, pour ne pas étouffer les pays du sud forcés à l'austérité à tout crin.

Plus de compromis

Et de nouveau, M. Steinbrück a accusé Mme Merkel de récolter les fruits des réformes engagées par les sociaux-démocrates pour flexibiliser le marché du travail sous Gerhard Schröder, venu le soutenir à Hanovre aux côtés de son mentor, Helmut Schmidt.

Il a clairement promis qu'il ne participerait pas de nouveau à un gouvernement sous la houlette de Mme Merkel. «Je ne suis pas disposé à entrer dans un gouvernement de grande coalition», a-t-il martelé. Le nouveau gouvernement, «c'est clairement, rouge-vert!», a-t-il lancé, à l'attention des écologistes. (ats)

Soutien des socialistes français

Le Parti socialiste français a promis dimanche son «plein soutien» au social-démocrate Peer Steinbrück, principal rival d'Angela Merkel aux législatives allemandes de 2013, estimant «nécessaire que la gauche européenne apporte des réponses communes face à la crise».

«J'adresse mes plus chaleureuses félicitations à Peer Steinbrück que les délégués du Parti social-démocrate (SPD) allemand ont choisi (dimanche, ndlr) pour être leur candidat au poste de Chancelier fédéral à l'occasion des prochaines élections législatives qui auront lieu en Allemagne en 2013», écrit le premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, dans un communiqué.

«Face aux défis que doit affronter notre continent, il est nécessaire que la gauche européenne apporte des réponses communes face à la crise, pour une Europe solidaire qui régule les marchés, combat la spéculation, soutient la croissance, donne la priorité à l'emploi, et refuse d'ajouter l'austérité à la récession comme l'ont fait les conservateurs», ajoute le patron du PS.

«Une victoire du SPD mené par Peer Steinbrück représenterait un pas supplémentaire vers la mise en oeuvre des politiques progressistes qu'attendent les citoyens en Allemagne et dans toute l'Union européenne et pour poursuivre ensemble la réorientation européenne voulue par François Hollande», le président socialiste français, estime M. Désir.

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