Paradise Papers: Le roi des duty free mêlé à des paiements douteux?
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Paradise PapersLe roi des duty free mêlé à des paiements douteux?

Les autorités mauriciennes ont contacté la justice suisse pour avoir des renseignements sur des versements d'argent suspects, impliquant deux firmes helvétiques et l'ex-Premier ministre de l'île.

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ats/ofu
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Lewis Hamilton
Lewis Hamilton

Le quadruple champion du monde britannique de la F1 a utilisé une société-écran sur l'île de Man pour économiser la TVA lors de l'achat d'un nouveau jet privé de plus de 4 millions d'euros. (Mercredi 8 novembre 2017)

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Bernard Arnault
Bernard Arnault

L'homme le plus riche de France Bernard Arnault et son groupe LVMH, le géant mondial du luxe, sont cités à leur tour dans les révélations des Paradise Papers. Le Monde affirme qu'il aurait placé «des actifs dans six paradis fiscaux différents». (8 novembre 2017)

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Dassault Aviation
Dassault Aviation

Le groupe Dassault Aviation aurait joué un «rôle actif» dans des montages destinés à éviter à ses clients d'acquitter la TVA sur les jets privés, via l'île de Man (8 novembre 2017).

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Le Ministère public de la Confédération traite actuellement une demande d'entraide judiciaire en provenance de l'île Maurice. Les enquêteurs mauriciens veulent notamment obtenir des informations au sujet de paiements douteux effectués par le groupe bâlois Dufry à une entreprise zougoise Frydu, révèlent «Le Matin Dimanche» et la «SonntagsZeitung». L'argent, plus de 2 millions d'euros, aurait fini dans la poche de l'entourage de l'ex-Premier ministre de l'île.

Dufry contrôle près d'un quart des zones dédouanées aéroportuaires du monde. Fin 2013, la multinationale a conclu un contrat d'exclusivité avec les autorités mauriciennes de l'époque pour exploiter le magasin dédouané de l'aéroport, écrit le «Matin Dimanche». Or, avec le changement de gouvernement en 2015, les nouveaux ministres ont commencé à soupçonner Dufry d'avoir versé des pots-de-vin.

Un message important

Afin de faire cracher le morceau au groupe bâlois, les autorités mauriciennes ont mis sur pied un scénario élaboré, digne d'un film d'Hollywood. En février 2015, ils ont invité deux employés de l'entreprise bâloise à un dîner d'affaires local. Mais dès la fin du repas, les collaborateurs ont été emmenés en Mercedes à l'intérieur des terres pour y rencontrer le ministre de la technologie et de la communication sous prétexte qu'il avait un message important à leur transmettre.

Arrivés sur place, les deux employés de Dufry ont passé une nuit entière dans un appartement privé où le procureur général de l'île Maurice ainsi que le ministre de la technologie ont tenté d'obtenir des documents prouvant leurs soupçons. Le lendemain, les deux managers ont été emmenés pour dix jours dans une maison d'arrêt de l'île avant d'être relâchés.

«Employés illégalement détenus»

Pour le roi des duty free Dufry, ces accusations sont à mettre sur le compte de querelles politiques qui animent Maurice. «C'est pourquoi deux employés ont été illégalement détenus sur l'île. La conduite des ministres a, plus tard, été critiquée par le Parlement du pays», fait savoir la multinationale, qui précise: «Frydu, basée à Zoug, n'est pas une société fille de Dufry et ne l'a jamais été. C'est pourquoi nous ne pouvons pas prendre position à son sujet.» Reste que, relèvent les hebdomadaires, les deux sociétés suisses partagent plusieurs administrateurs et «le président du conseil d'administration de Frydu, n'est autre que le conseiller du gouvernement mauricien».

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