Actualisé 05.04.2020 à 08:56

Netflix

Le «Roi des Tigres» divertit les Américains confinés

«Au royaume des fauves», la nouvelle série à succès de Netflix. Les Américains, confinés à cause du coronavirus, sont nombreux à être captivés par l'histoire d'un fantasque patron de zoo condamné pour avoir voulu faire tuer une militante de la cause animale.

Confinés à cause du coronavirus, nombreux sont les Américains qui passent le temps en regardant des séries. Dernièrement, c'est l'histoire d'un fantasque patron de zoo condamné pour avoir voulu faire tuer une militante de la cause animale au passé trouble qui occupe leur temps. Une série criminelle nommée «Au royaume des fauves».

Une histoire vraie

Ce documentaire en sept épisodes, en tête des œuvres les plus regardées sur Netflix aux Etats-Unis depuis sa sortie le 20 mars, est un mélange entre «Planète animale» et «Breaking Bad». Il retrace la vie de l'excentrique «Joe Exotic», 57 ans et de son vrai nom Joe Maldonado-Passage, amoureux des grands fauves et propriétaire d'un zoo dans l'Oklahoma où il élève tigres, lions et autres panthères.

Celui qui se surnomme le «Roi des Tigres» (Tiger King, titre original de la série) arbore une coupe mulet peroxydée, une moustache en fer à cheval et de multiples boucles d'oreille. Ouvertement homosexuel (il a «épousé» deux hommes lors d'une cérémonie à trois), il a amassé une petite fortune grâce à son zoo ouvert en 1999, son élevage et la vente pas toujours légale de ses animaux, avant de tout perdre dans un imbroglio de poursuites judiciaires, d'incendies d'origine inconnue et de campagnes politiques ratées. Jusqu'à fomenter l'assassinat de son ennemie intime Carol Baskin, défenseuse des animaux qui s'est jurée de mettre le zoo en faillite.

Une militante pas si innocente

Autour du patron gravite une galerie de personnages, comme un mari édenté par l'abus de drogues, un salarié qui porte des prothèses aux deux jambes, une autre amputée d'un avant-bras après avoir été attaquée par un félin. Sans oublier un ancien directeur de supermarché devenu directeur de campagne de Joe Exotic pour la Maison Blanche.

Dans l'autre camp, Carol Baskin, elle aussi amoureuse des grands félins, dirige un refuge en Floride où elle recueille les fauves saisis par les autorités ou sauvés par sa fondation. Elle a épousé un millionnaire de plus de 20 ans son aîné, dont elle a hérité après sa disparition mystérieuse en 1997. En 2011, elle engage une bataille, d'abord en ligne puis judiciaire, qui met Joe Exotic sur la paille.

Mais pour lui, derrière la militante de 58 ans aux longs cheveux blonds et aux tenues léopard se cache une cheffe d'entreprise cupide: les visiteurs paient pour voir les animaux parqués dans des enclos minables et elle profite de son personnel bénévole, assure-t-il. En 2019, il est inculpé pour avoir proposé 3000 dollars à un homme de main pour tuer Carol Baskin, et condamné à la prison en janvier 2020. Il a fait appel, assurant que l'accusation s'est basée sur un faux témoignage.

«Joe a toujours voulu être une vedette»

«Au royaume des fauves» commence et se termine dans une prison de l'Oklahoma. C'est là que le «vrai» Joe Exotic purgeait une peine de 22 ans de réclusion avant d'être transféré la semaine dernière au Texas, où il a été mis à l'isolement après avoir contracté le Covid-19, selon son mari Dillon Passage. Malgré l'absence de télévision en prison, Joe sait qu'il est désormais célèbre. «Joe a toujours voulu être une vedette, donc il est très heureux d'avoir retenu l'attention», a expliqué au Hollywood Reporter la co-réalisatrice Rebecca Chaiklin. (afp)

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