Actualisé 11.09.2008 à 18:11

DécèsLe roi du café, Klaus Jacobs, est mort

Klaus Jacobs est décédé jeudi à Küsnacht (ZH) des suites d'une longue maladie.

Né à Brême (D), le magnat du café et du chocolat, dont la holding contrôle Barry Callebaut et est un actionnaire de référence d'Adecco, s'est éteint dans sa 72e année.

Né en 1936, Klaus Jacobs entame sa carrière dans l'entreprise familiale de négoce de café Johann Jacobs & Co en tant que vendeur, après un long séjour professionnel au Guatemala, a rappelé Jacobs Holding dans un communiqué. En 1961, il accède à la direction des achats et du marketing de la société établie à Brême, avant d'en reprendre la tête en 1970, succédant à son père Walther.

En 1973, la maison allemande s'établit à Zurich. Débute alors l'aventure de Klaus Jacobs dans le chocolat avec le rachat en 1982 d'Interfood, groupe suisse qui possède les sociétés bernoise Tobler, le fabricant du célèbre Toblerone, et neuchâteloise Suchard, connue entre autres pour ses bonbons Sugus.

L'entité issue de cette fusion, que M. Jacobs dirige et préside jusqu'en 1990, prend le nom de Jacobs Suchard. Après la cession des activités consommateurs de la société au géant américain du tabac et de l'industrie alimentaire Philipp Morris (Altria actuellement), Klaus Jacobs intègre les affaires industrielles restantes de Jacobs Suchard dans la compagnie belge Van Houten.

Barry Callebaut

Cette holding prend en 1994 le nom de Callebaut et s'empare deux ans plus tard du chocolatier français Cacao Barry. Le nouveau groupe, appelé Barry Callebaut, devient le numéro un mondial du chocolat industriel de qualité et s'établit à Zurich. Il entre en Bourse en 1998, pour connaître une vigoureuse expansion, notamment par la biais de nombreuses acquisitions, dont celle de la société allemande Stollwerck en 2002.

Outre le chocolat et le café, M. Jacobs, que ses proches et amis surnomment KJJ, s'est aussi fait un nom dans le travail temporaire. En 1993, il sauve la société Adia du naufrage de l'empire de Werner K. Rey. Une fois assainie, il unit en 1996 sa destiné à celle de son concurrent français Ecco, donnant naissance à Adecco, numéro un mondial de la branche.

Klaus Jacobs siège au conseil d'administration du géant basé à Chéserex (VD) jusqu'en avril 2002. Il se distancie alors des affaires d'Adecco, se faisant remplacer par l'un de ses six enfants, Christian. Une pause de courte durée, puisque Klaus Jacobs reprend du service en 2005 en cumulant les présidences du conseil d'administration et de la direction.

La reprise en main d'Adecco par la famille Jacobs intervient à la faveur d'une réorganisation en profondeur, tant au niveau de la direction que de la distribution du capital du groupe vaudois. Son patron, le Français Jérôme Caille, est écarté et le co-fondateur d'Adecco avec M. Jacobs, Philippe Foriel-Destezet, cède sa participation à ce dernier et sa famille.

Amateur de chevaux

En mai 2007, Jürgen Dormann, ex-président d'ABB, succède à Klaus Jacobs à la présidence du conseil d'administration d'Adecco, ce dernier étant nommé président d'honneur. Un an auparavant, M.Jacobs a quitté son poste de patron du groupe vaudois, cédant la place à l'Allemand Dieter Scheiff.

Klaus Jacobs a obtenu la nationalité suisse et a représenté son pays d'adoption en tant que membre de l'équipe nationale de dressage de chevaux. La famille Jacobs possède d'ailleurs un élevage, Newsells Park, en Angleterre, ainsi que deux domaines agricoles en Argentine.

(ats)

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