Actualisé 15.06.2020 à 09:40

CoronavirusLe rôle de la Genève internationale a été «central»

L’ambassadeur de Suisse à l’ONU estime que le canton et ses organisations internationales ont été au coeur de la gouvernance de la crise du Covid.

Le conseiller fédéral Alain Berset au siège de l’OMS, en 2016.

Le conseiller fédéral Alain Berset au siège de l’OMS, en 2016.

(KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)

La crise liée au coronavirus a montré au monde le rôle «central» de la Genève internationale, selon l'ambassadeur suisse à l'ONU à Genève. Sur le départ au bout de quatre ans, Valentin Zellweger affirme qu'aucun Etat ne peut s'éloigner du multilatéralisme.

Au moment où la communauté internationale va devoir préparer l'après-Covid, le Bâlois quittera fin juillet son poste pour Nairobi, où il deviendra ambassadeur auprès de cinq pays africains. Avant son départ, il relève dans un entretien à Keystone-ATS que «la gouvernance de la crise a été centralisée ici, à Genève».

Des lauriers pour l’OMS

Pendant cette période, des pays comme les Etats-Unis et le Brésil s'en sont pris aux institutions multilatérales. «La situation aurait été bien plus catastrophique» sans l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et d'autres entités établies à Genève, dit M. Zellweger. convaincu qu'aucun pays ne peut à long terme s'éloigner du multilatéralisme. «D'autant plus un Etat comme la Suisse qui dépend des autres. C'est dans notre intérêt», ajoute l'ambassadeur.

Ciblée par les présidents américain Donald Trump et brésilien Jair Bolsonaro, l'OMS «a fait le travail qu'on attendait d'elle», selon la Suisse qui veut un modèle de financement plus durable et flexible pour celle-ci. D'autres acteurs genevois, comme l'Organisation internationale du travail (OIT), ont réagi «très tôt» pour évaluer les effets de la crise et tenter de les atténuer, dit l'ambassadeur.

Il insiste sur le fait que la Genève internationale «ne s'est jamais arrêtée» de fonctionner, grâce aux technologies. «On ne pourra plus s'en passer», prédit-il. «Ce sera beaucoup plus facile d'associer des délégués de pays lointains ou de zones concernées». Preuve en est, une discussion diplomatique en ligne a récemment réuni 1500 participants. «Impossible» dans une salle, dit M. Zellweger.

Action anti-racisme «importante»

Pour autant, comme d'autres, il estime que des négociations demanderont probablement toujours des contacts présentiels. «Souvent, les compromis se façonnent dans les couloirs, grâce à des échanges informels», glisse l'ambassadeur.

Dans le futur, le numérique contribuera peut-être aussi à ces formats. D'autant plus que les réunions physiques ne garantissent plus une confidentialité totale, comme le montrent des fuites au Haut-Commissariat aux droits de l'homme ou à l'OMS.

Autre effet de la crise, des ONG à Genève disent être en danger financier. La Suisse estime prématuré d'articuler d'éventuelles aides. «Nous ne connaissons pas encore les répercussions économiques exactes», affirme l'ambassadeur.

Récemment aussi, après le décès de l'Afro-Américain George Floyd, le mouvement contre les discriminations raciales s'est élargi à de nombreux pays, dont la Suisse. «Ce qui se passe est extrêmement important. Cela montre l'importance fondamentale des droits de l'homme», affirme M. Zellweger.

En Suisse aussi, «nous ne sommes pas exempts», admet l'ambassadeur. «Nous devons y réfléchir», ajoute-t-il. Mais selon lui, «une prise de conscience générale» sur la défense cruciale des droits des individus a été observée ces dernières années.

Pas d'effet Khashoggi sur la Suisse

Depuis son arrivée, M. Zellweger a aussi vu un enrichissement des activités de la Genève internationale. D'un environnement où chacun oeuvrait dans son coin, celle-ci réunit désormais des écosystèmes devenus une «culture» opérationnelle. Y compris avec le Canton, la ville et des citoyens. Des projets vont s'ajouter, dit l'ambassadeur.

Ces dernières années, la Suisse aura elle été égratignée pour ne pas s'être associée à une déclaration après l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. Ou pour la confusion sur l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).

«Nous avons un profil tellement marqué sur la scène internationale que des divergences avec des Etats similaires à la Suisse n'affectent pas notre image», estime l'ambassadeur. «Nous ne faisons pas de compromis sur les droits de l'homme», insiste-t-il encore.

M. Zellweger, qui sera remplacé par l'ambassadeur à l'ONU à New York Jürg Lauber, veut utiliser son prochain mandat pour «suivre les réalisations, sur le terrain, des décisions prises à Genève». Il arrivera alors que le Burundi, où la Suisse est engagée, entame une période postélectorale difficile.

M. Zellweger va s'engager pour que cet Etat, ciblé pour de possibles crimes contre l'humanité, continue de dialoguer avec la communauté internationale. Récemment, le Burundi avait annoncé l'expulsion du représentant de l'OMS dans son pays. L'ambassadeur veut aussi porter la candidature suisse au Conseil de sécurité de l'ONU dans cette région lorsque la campagne sera lancée.

(ATS)

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10 commentaires
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RAUS

15.06.2020 à 11:30

L'OMS a oeuvré, durant la crise covid, comme bras politique défendant les intérêts du leadership communiste de Beijing. Il n'y a pas plus raciste et genré que ces institutions multilatérales qui sont droguées au crédit moral tout en appliquant des politiques discriminatoires dignes de l'ex-RDA. Ces institutions ne favorisent qu'une classe de personnes qui n'ont que faire des gens qui paient des impôts. Allez vous-en.

Encore un fois de plus .

15.06.2020 à 11:10

Pas de monnaye elecronique Pas de vaccination obligatoire Pas de chip humain C est sont aussi des crimes contre l himanite Pas de 5g Merci la Suisse de la neutralite et democratie Mr Berset

Asian Continent Matter

15.06.2020 à 10:44

OMS, comne me beaucoup d'agences au bout du lac, sont devenus des insitutions payées par leurs membres pour faire passer un message.... le centre du monde n étant plus l occident, il semblerait que beaucoup de ces insitutions devraient se trouver en Asie-Moyen Orient... déplaise aux politiques suisses et genevois qui ont fait de la Suisse un pays DEPENDANT de l UE (et donc, plus neutre).