Actualisé 21.03.2017 à 13:56

FranceLe Roux nie tout amalgame avec l'affaire Fillon

Le ministre français de l'intérieur a été sommé mardi matin par des membres de l'opposition de s'expliquer après les révélations sur l'emploi de ses filles à l'Assemblée nationale.

Bruno Le Roux.

Bruno Le Roux.

AFP

L'ex-chef de file des députés socialistes Bruno Le Roux, qui a confirmé avoir embauché ses deux filles comme collaboratrices parlementaires lorsqu'elles étaient lycéennes puis étudiantes, est sommé de s'expliquer. Il doit être reçu dans la journée par le premier ministre Bernard Cazeneuve à ce sujet.

Au micro de l'émission «Quotidien» sur la chaîne de télévision TMC, qui a révélé l'information lundi soir, Bruno Le Roux a nié tout «amalgame» avec l'affaire Fillon, qui a conduit à la mise en examen de l'ex-premier ministre dans l'enquête sur des emplois présumés fictifs dont auraient bénéficié sa femme et ses enfants.

Selon l'émission de TMC, le montant cumulé des contrats des deux filles de Bruno Le Roux atteindrait 55'000 euros. Au total, selon TMC, les filles de Bruno Le Roux, âgées aujourd'hui de 23 et 20 ans, auraient cumulé chacune 14 et 10 contrats à durée déterminée (CDD), effectués pendant les vacances scolaires entre 2009 et 2016.

Procédure judiciaire

«Il faut que l'intéressé s'explique, il faut qu'il soit vérifié que les choses ont été faites ou pas dans les règles, dans la loi, si ce n'est pas le cas il faut que les choses soient examinées et transmises à qui de droit», a estimé le secrétaire général du mouvement En Marche, le parti d'Emmanuel Macron, Richard Ferrand sur BFM TV.

Prié de dire s'il pensait que le Parquet national financier (PNF) devait se saisir de ces informations, il a répondu: «si c'est de sa compétence, et s'il y a une matérialité des faits qui le justifie oui évidemment».

Un peu plus tôt, le président des centristes (ex-Nouveau centre) Hervé Morin avait estimé sur RTL qu'il faudrait qu'il y ait «immédiatement une procédure judiciaire» s'il s'agissait d'emplois fictifs.

Créé fin 2013 après le scandale lié à l'ex-ministre de gauche Jérôme Cahuzac, le PNF est actuellement chargé de l'enquête visant François Fillon et de celle portant sur des soupçons d'emplois fictifs au Front national. Le PNF n'était pas joignable dans l'immédiat.

Démission

Invité sur France 2, le coordinateur de campagne de François Fillon, Bruno Retailleau, a estimé pour sa part qu'il serait «instructif» de voir si le PNF allait se saisir rapidement des informations révélées lors de l'émission sur TMC.

«Je ne demande rien, simplement on va observer», a-t-il dit. Concernant M. Fillon, «l'article était paru le mercredi matin dans le Canard Enchaîné et quelques heures après, le Parquet national financier se saisissait et ouvrait une enquête préliminaire. On va regarder, ça va être, comment dirais-je, instructif.»

«Je ne connais pas la conclusion de l'affaire mais est-ce qu'il y a une suspicion d'enrichissement personnel ou familial ? Je n'en sais rien, il s'expliquera», a réagi de son côté le vice-président du Front national Florian Philippot sur BFM TV. «Il sera peut-être amené à démissionner ou à être démissionné si l'affaire est avérée», a-t-il encore indiqué. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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