Coronavirus: Le Royaume-Uni défend sa quarantaine pour l’Espagne
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CoronavirusLe Royaume-Uni défend sa quarantaine pour l’Espagne

Boris Johnson a mis en avant mardi les signes d’une seconde vague en Espagne pour justifier la réintroduction d’une quarantaine. Madrid de son côté a annoncé de nouvelles restrictions.

Boris Johnson a prévenu que d’autres pays que l’Espagne pourraient être visés «au cours de l’été, si nécessaire».

Boris Johnson a prévenu que d’autres pays que l’Espagne pourraient être visés «au cours de l’été, si nécessaire».

KEYSTONE

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a défendu mardi la décision de son gouvernement de réintroduire sans mise en garde une quarantaine pour les voyageurs arrivant d’Espagne, mettant en avant les «signes d’une seconde vague» de nouveau coronavirus en Europe.

«Si nous observons des signes d’une seconde vague dans d’autres pays, c’est notre devoir de prendre des mesures rapides et décisives pour empêcher les voyageurs en revenant de répandre la maladie ici», a déclaré Boris Johnson. Il a prévenu que d’autres pays pourraient être visés «au cours de l’été, si nécessaire».

Protestation du gouvernement espagnol

Lundi, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez avait jugé «inadaptée» la décision annoncée dimanche par le Royaume-Uni d’imposer de nouveau une quarantaine de 14 jours aux voyageurs en provenance d’Espagne, deux semaines après avoir exempté le pays de cette mesure.

Alors que les deux tiers des nouveaux cas sont recensés dans deux régions (l’Aragon et la Catalogne), le dirigeant espagnol avait soutenu que des endroits très dépendants des touristes britanniques comme les Baléares, les Canaries et l’Andalousie étaient des destinations sûres, affirmant même qu’elles étaient «en termes épidémiologiques plus sûres que le Royaume-uni».

«Nous ne sommes pas d’accord avec le gouvernement espagnol là-dessus», a réagi mardi matin sur la BBC Simon Clarke, secrétaire d’État à la croissance régionale et au gouvernement local selon qui «on doit prendre des décisions à l’échelle du pays», car il risquerait sinon d'»y avoir des transferts internes à l’Espagne». L’Espagne a connu «une augmentation de 75% des cas entre le milieu et la fin de la semaine dernière. C’est pourquoi nous avons pris ces mesures», a-t-il argumenté.

Colère des vacanciers et du secteur touristique

La décision subite de Londres a pris de court dimanche des milliers de Britanniques partis passer leurs vacances en Espagne, où ils constituent le premier contingent de visiteurs étrangers (18 millions en 2019). Elle provoque un casse-tête pour de nombreux autres qui avaient prévu de s’y rendre dans les semaines à venir. Et elle a fait craindre que d’autres pays soient concernés.

Face à la colère des vacanciers et du secteur touristique, Simon Clarke a rappelé que «toutes les vacances doivent être réservées en gardant à l’esprit que voyager à l’international au milieu d’une pandémie, qui a causé des ravages dans le monde entier, reste soumis au «droit du gouvernement à prendre des mesures pour protéger le Royaume-Uni» «Les personnes voyageant à l’étranger devront accepter qu’il existe un certain degré d’incertitude», a-t-il ajouté.

Interrogé sur des informations de presse affirmant que la quarantaine allait être réduite de 14 à 10 jours, Boris Johnson a déclaré que le gouvernement cherchait «toujours à atténuer» l’impact de ces mesures.

Nouvelles restrictions à Madrid

La région de la capitale espagnole Madrid a annoncé mardi des mesures pour tenter de freiner la reprise de l’épidémie de Covid-19. «La clé est désormais de ne pas à avoir à nous confiner de nouveau», a déclaré la présidente de la région de Madrid, Isabel Diaz Ayuso. La région a notamment décidé, comme l’ont déjà fait la quasi-totalité des régions espagnoles qui ont aussi imposé d’autres types de restrictions, d’imposer le port du masque dans la rue et «sur les terrasses» même lorsqu’une distance de sécurité de 1,5 mètre peut être respectée. Le masque est déjà obligatoire dans tout le pays dès six ans lorsque cette distance ne peut pas être tenue.

Par ailleurs, les réunions devront être limitées à dix personnes aux terrasses des cafés ou au sein des domiciles privés, comme lors de la première phase du déconfinement. Les terrasses et les discothèques et bars de nuit devront enfin fermer à 01H30 du matin. Les clients devront s’y faire enregistrer pour être retrouvés facilement en cas de foyer de contagion dans l’établissement.

Madrid est pour l’instant moins affectée que la Catalogne ou l’Aragon (nord-est) mais les autorités ont décidé d’anticiper en tenant prêts deux pavillons de la foire commerciale, qui avaient servi d’hôpital de campagne en mars-avril, afin d’y envoyer les nouveaux malades du Covid.

(AFP/NXP)

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