Post-Brexit: Le Royaume-Uni entre dans une nouvelle ère, affranchi de l’UE
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Post-BrexitLe Royaume-Uni entre dans une nouvelle ère, affranchi de l’UE

Une rupture historique s’est produite en Europe ce 1er janvier. Le Royaume-Uni a cessé d’appliquer les règles de l’UE, quittant ainsi le marché unique et l’union douanière.

Le  Premier ministre Boris Johnson a assuré que le Royaume-Uni serait «ouvert, généreux, tourné vers l’extérieur».

Le Premier ministre Boris Johnson a assuré que le Royaume-Uni serait «ouvert, généreux, tourné vers l’extérieur».

AFP

Après avoir parachevé sa rupture avec l’Union européenne, le Royaume-Uni ouvre vendredi une nouvelle page de son histoire pleine d’inconnues pour un pays profondément divisé et durement touché par la pandémie de nouveau coronavirus.

A 23H00 locales et GMT jeudi (minuit à Bruxelles), sans la moindre effusion au sein d’une population massivement confinée, le pays a cessé d’appliquer les règles de l’UE, quittant le marché unique et l’union douanière.

Après 47 ans d’orageuse intégration européenne et après quatre ans et demi de rebondissements suivant le référendum de 2016, c’est l’aboutissement du Brexit, officiel depuis le 31 janvier mais aux effets repoussés par une période transitoire destinée à amortir le choc.

Dans un éditorial publié dans le Daily Telegraph, le Premier ministre Boris Johnson, grand artisan du Brexit, assure que 2021 sera «une année de changement et d’espoir», vantant l’accord de libre-échange conclu juste avant Noël avec Bruxelles.

«Une année de changement et d’espoir»

«Pour nous, cela signifie la fin des querelles rancunières sur l’Europe qui ont empoisonné notre politique depuis si longtemps», plaide-t-il. «Pour nos amis, cela ne veut certainement pas dire qu’ils nous ont perdus, et encore moins notre appétit pour leurs Maserati ou leur Gewurztraminer».

Le sémillant «BoJo» a fait miroiter à ses compatriotes une nouvelle ère pleine de promesses et une place renforcée dans le monde pour le Royaume-Uni, comme champion du libre-échange. Dans l’immédiat, c’est un pays gravement endeuillé par la pandémie de nouveau coronavirus et frappé de sa pire crise économique en trois siècles qui quitte le giron de l’Europe, ou son carcan, c’est selon.

L’accord de libre-échange, sans quotas ni droits de douane, conclu in extremis avec Bruxelles, évite une rupture trop abrupte, potentiellement dévastatrice économiquement. Mais le bouleversement est réel: la libre circulation permettant aux marchandises comme aux personnes de passer sans entrave la frontière a cessé – sauf entre l’Espagne et l’enclave britannique de Gibraltar, ainsi qu’entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Il faut désormais remplir des déclarations de douane et subir des inspections sanitaires pour exporter à travers la Manche, un titre de séjour pour s’installer de l’autre côté, et un certificat sanitaire pour les chiens et chats britanniques voyageant vers l’UE.

A Calais, les premiers camions sont arrivés dans la nuit après avoir franchi le tunnel sous la Manche, sans encombres. «Maintenant, je n’ai plus de problème, j’ai fait des tests pour le coronavirus, j’ai vérifié mes marchandises, mes documents», témoigne auprès de l’AFP Victor, un routier ukrainien, le premier à avoir chargé sa remorque.

Le texte de 1.246 pages prévoit aussi, pour éviter toute concurrence déloyale, des sanctions et des mesures compensatoires en cas de non respect de ses règles en matière d’aides d’Etat, d’environnement, de droit du travail et de fiscalité.

L’Ecosse remontée

«Notre futur, Notre Royaume-Uni, Notre destin», titre avec triomphalisme le tabloïd Daily Express vendredi, affichant une image de l’Union Jack frappé du mot «FREEDOM» (liberté).

«Dans la crise, sans fanfare, le Royaume-Uni met finalement fin à l’ère européenne», constate, plus circonspect, le quotidien de gauche The Guardian.

Les ambitions mondiales du Royaume-Uni risquent de se heurter au départ de Donald Trump, Brexiter convaincu contrairement à son successeur à la Maison Blanche, Joe Biden.

Dans son pays, Boris Johnson doit tourner la page d’une saga qui l’a emmené au plus haut de l’échelle politique mais a profondément divisé les Britanniques. L’unité du Royaume est fissurée, en particulier du côté de l’Ecosse, qui a voté à une large majorité pour rester dans l’UE.

«L’Ecosse sera bientôt de retour, Europe», a tweeté la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, déterminée à organiser un nouveau référendum sur l’indépendance.

A court terme, des perturbations sont redoutées dans le sud de l’Angleterre sur les routes menant vers les ports transmanches, si les nouvelles formalités ralentissent la circulation et allongent les files de camions, surtout la semaine prochaine.

Contrairement à l’UE, le gouvernement britannique a décidé de mettre en oeuvre graduellement les contrôles douaniers, qui ne concerneront toutes les marchandises qu’à partir de juillet.

Silence à Bruxelles

Londres quitte le marché unique sans aucun mot d’au revoir de la part de l’UE: à Bruxelles, aucun des dirigeants des institutions européennes ne s’est exprimé dans les heures suivant la rupture.

«Ce Brexit a été l’enfant du malaise européen et de beaucoup de mensonges et fausses promesses», a regretté le président français Emmanuel Macron dans ses voeux.

Avec le Brexit, les entreprises de la finance, secteur majeur à Londres, ont perdu leur droit automatique d’offrir leurs services dans l’UE, tandis que les pêcheurs britanniques sont déçus de devoir encore partager une grande partie de leurs eaux avec les Européens.

(AFP)

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