Icône nationale: Le Saint-Bernard célèbre ses 125 ans
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Icône nationaleLe Saint-Bernard célèbre ses 125 ans

Frère José Mittaz accepte avec philosophie de ne plus vivre en permanence entouré de chiens Saint-Bernard, dans son monastère des Alpes suisses situé au col du même nom.

«Nous avons une histoire de 1000 ans, pendant 700 ans, nous avons vécu sans les chiens. Cela faisait seulement 300 ans que nous vivions avec», remarque-t-il.

Il fut un temps où les Saint-Bernard étaient les compagnons de tous les jours des religieux du monastère, perché à 2500m d'altitude. Ils guidaient les moines dans la montagne enneigée et les aidaient à secourir les voyageurs égarés dans ce lieu de passage entre l'Italie et la Suisse.

Les chiens ouvraient la voie dans la neige et cherchaient la trace des personnes en détresse. L'un d'entre eux, Barry I, sauva 40 personnes de 1800 à 1812. La légende raconte même qu'il sauva un jeune enfant en le transportant sur son dos.

Les braves canidés ont été récompensés de leur dévouement. Au XIXe siècle, le monastère a fait en sorte que leur race perdure en créant un élevage de chiens désormais baptisés du nom du col tout proche.

Le 2 juin 1887, la race des Saint-Bernard fut même officiellement reconnue comme étant d'origine suisse lors d'un congrès international de spécialistes ès cynologie.

Déclaré «chien national suisse» depuis 125 ans, il est devenu le symbole par excellence du sauvetage en montagne avec son tonnelet de rhum accroché au cou, puis a dû céder la place aux hélicoptères et à la modernité.

L'entretien d'un élevage était devenu trop contraignant pour les quatre derniers moines du monastère. Il y a cinq ans, ceux-ci ont accepté la proposition de banquiers et d'amoureux des animaux d'ouvrir un élevage plus bas dans la vallée, où la fondation Barry, du nom du chien qui rendit la race célèbre, a pris le relais des moines et sauvé le Saint-Bernard de l'extinction.

Aujourd'hui, les inséparables compagnons des moines de jadis ne montent au monastère qu'à la belle saison, passant les longs mois d'hiver dans leur chenil de Martigny, dans le canton du Valais (sud-ouest).

La décision a aussi été prise pour permettre aux moines de se concentrer de nouveau sur la prière et sur leur activité de toujours, l'assistance aux voyageurs, explique Frère Mittaz.

Apparue pour la première fois au monastère, la race des Saint-Bernard dont les caractéristiques ont été établies en 1884 est issue de croisements entre chiens des régions alpines. Il doit avoir les yeux cerclés de noir, un pelage long ou court et des taches rouge-brun sur fond blanc.

Au chenil de la fondation à Martigny, les 20 chiots élevés chaque année ne dérogent pas à ces caractéristiques, même si leur rôle a quelque peu changé depuis le siècle passé.

Sur les 28 chiens de l'élevage, un seul suit un entraînement pour devenir chien d'avalanche. Et encore s'agit-il plus de perpétuer une tradition que de participer réellement à des opérations de secours. De nouvelles races de chiens moins massifs s'avèrent en effet plus aptes à ce type d'activités et au transport par hélicoptère.

Les autres Saint-Bernard deviendront chiens d'attelage ou chien d'assistance à la thérapie.

Signe de ces temps nouveaux, Frère Mittaz est maintenant entouré d'équipements technologiques tels qu'une radio et un détecteur de personnes prises sous une avalanche.

Mais pour preuve que les Saint-Bernard sont toujours là à leur manière, ce dernier appareil de détection a pour surnom «Barryvox», littéralement «la voix de Barry», explique le chanoine. (afp)

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