14.10.2020 à 08:14

GenèveLe salaire minimum va être appliqué le 1er novembre

L’initiative approuvée par 58% des votants sera rapidement mise en œuvre. L’agriculture et l’indexation causent des désaccords.

de
Jérôme Faas
Les nettoyeurs pourraient être confrontés à une concurrence vaudoise.

Les nettoyeurs pourraient être confrontés à une concurrence vaudoise.

Getty Images/iStockphoto

La loi genevoise sur le salaire minimum à 23 fr. l’heure entrera en vigueur le 1er novembre. Le patronat (UAPG) a tenté de gagner un an, en vain. «Les jeux sont vraisemblablement faits», a admis hier sa secrétaire, Stéphanie Ruegsegger, après la réunion des partenaires sociaux lundi. «Le Conseil d’État n’a légalement pas le choix, a expliqué Davide De Filippo, président des syndicats (CGAS). Ce salaire aurait même dû être appliqué dès la mi-octobre, nous avons concédé deux semaines.»

«Soutenir les producteurs»

Deux points de divergence subsistent entre les parties: l’indexation et les rémunérations dans l’agriculture. Le patronat et l’État veulent maintenir ces dernières à leur niveau actuel, soit 16 fr. 90 pour les employés mensualisés et 17 fr. 50 pour ceux à l’heure. «C’est intolérable, tonne Davide De Filippo. L’initiative prévoit certes une dérogation, mais le statu quo, c’est piétiner son esprit.» La CGAS défend, pour la branche, un salaire de 21 fr. 65 et menace d’aller en justice. «Pour nous, il n’y a aucune marge de négociation, rétorque Stéphanie Ruegsegger. La convention collective (CTT) genevoise est déjà la plus avantageuse de Suisse. À un moment, si on promeut la consommation locale, il faut soutenir les producteurs locaux.»

23 fr., 23 fr. 14 ou 23 fr. 37?

Quant à l’indexation du salaire minimum, elle divise toujours. Le patronat juge qu’elle doit intervenir pour la première fois le 1er janvier 2022. Les syndicats estiment qu’elle doit être calculée depuis le 1er janvier 2018, conformément à un article de l’initiative. Selon leurs calculs, elle atteint 1,6%. Le salaire horaire serait alors fixé à 23 fr. 37 le 1er novembre. L’État plaide enfin pour une indexation de 0,6%, soit un salaire de 23 fr. 14 l’heure au 1er janvier 2021. Sans accord, la justice sera saisie, annonce David De Filippo, le patron des syndicats genevois.

Risque de sous-enchère

Un angle mort reste à colmater. Le salaire minimum s’applique aux travailleurs officiant «habituellement» à Genève. «Des nettoyeurs d’une société vaudoise pourraient très bien venir ici sur un marché privé pour 17 fr. l’heure», note Stéphanie Ruegsegger, craignant la concurrence déloyale. Mais ces cas seront marginaux: cette sous-enchère est interdite dans les secteurs régis par une CCT élargie (la construction, par exemple) et sur les marchés publics. Quant aux employés de sociétés étrangères, la prochaine refonte de la loi fédérale sur les travailleurs détachés empêchera bientôt tout abus.

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305 commentaires
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Eric Genève

15.10.2020 à 12:42

Détestable de lire certaines citations dans la presse qui s'offusquaient que le policer licencié a été blanchi et ré intégré par la justice, à juste titre. La bonne déclaration aurait été de s'en remettre à la décision judiciaire et garder un devoir de réserve. De telles remarques sont une insulte envers tous les flics et une insulte envers la justice surtout. La politique genevoise et leurs copains hauts fonctionnaires sont décidément plus en plus minables dans leur attitude.

Miss EcoloVertes GENEVE

15.10.2020 à 12:39

Les précaires seront licenciés car les employeurs ne vont jamais payer plus de CHF 15,- pour certains métiers comme le ménage ou surtout dans les cuisines des palaces genevois. Conséquence, on va engager au noir, sans aucune couverture ou contribution sociale, afin de continuer de payer CHF 15,- certains métiers qui ma foi sont des jobs d'appoint pour dépanner et ne peuvent être assimilés à une source de revenu à plein temps.

Mdrnoussommes

15.10.2020 à 12:37

... et les licenciements dès le lendemain…voire même le travail au noir va reprendre de plus belle et comme nos élites politiques ne font rien et ben ça va être l'anarchie fois mille. Maintenant, le bordel à Genève, c'est une longue histoire !