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Crise de la dette Le sauvetage de la Grèce encore reporté

La zone euro a décidé lundi de reporter à nouveau les décisions concernant un prêt crucial de 8 milliards d'euros pour la Grèce.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet (à gauche) en discussion avec Jean-Claude Juncker, chef de file des ministres des Finances de la zone euro.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet (à gauche) en discussion avec Jean-Claude Juncker, chef de file des ministres des Finances de la zone euro.

Après une réunion de l'Eurogroupe de plus de sept heures lundi soir à Luxembourg, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, a justifié le report du prêt à la Grèce ainsi: «Nous demandons à la Grèce d'accepter des mesures supplémentaires» en terme d'économies pour 2013 et 2014, allant au-delà de celles qui viennent d'être annoncées pour 2011 et 2012», a-t-il averti.

Il a expliqué qu'une réunion de l'Eurogroupe, envisagée un temps pour le 13 octobre pour débloquer une tranche de prêts internationaux de 8 milliards d'euros dont la Grèce a besoin pour éviter la faillite, avait été «annulée», faute de pouvoir disposer de tous les éléments d'évaluation nécessaires à cette date.

«Il n'y a pas besoin d'une décision maintenant, ce qui fait qu'on attend le rapport complet de la troïka ((UE, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) pour décider du déblocage des 8 milliards d'euros», a détaillé M. Juncker.

Selon lui, l'Eurogroupe prendra une décision finale courant octobre sur la base des conclusions de la mission en cours des créanciers du pays endetté, la troïka, actuellement à Athènes.

Sortie évitée

M. Juncker s'est néanmoins voulu rassurant, affirmant que la Grèce serait «en mesure de remplir ses obligations» financières. «Un défaut de la Grèce sera évité», a-t-il assuré, ajoutant que «personne n'envisage une sortie de ce pays de la zone euro».

Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a lui déclaré que la Grèce a indiqué qu'elle n'aurait pas besoin de financement pour éviter la faillite avant «la deuxième semaine de novembre».

Athènes a alimenté les craintes de défaut de paiement en annonçant dimanche que son déficit public serait ramené à 8,5% du PIB en 2011 mais resterait au-delà de l'objectif initial de 7,4%.

Quant au second plan d'aide, de 109 milliards d'euros, promis le 21 juillet, il a vu tomber un obstacle: les membres de la zone euro sont parvenus à un compromis sur les garanties demandées à Athènes par la Finlande en échange de nouveaux prêts. Le sujet bloquait le dossier. Helsinki obtiendra des garanties assorties de conditions dissuasives pour tout pays qui voudrait suivre son exemple.

La zone euro a aussi réclamé plus de privatisations d'entreprises.

Bourses en chute libre

Craignant une faillite grecque, les Bourses mondiales ont terminé en forte baisse lundi, Wall Street tombant à son plus bas niveau depuis plus d'un an, tandis que l'euro a chuté sous 1,32 dollar pour la première fois depuis janvier.

Les bourses asiatiques ont également ouvert mardi en forte baisse. L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé la séance de lundi en baisse de 1,05%.

FESF plus efficace

La réunion de lundi a encore permis de préciser la position de l'Eurogroupe sur un autre outil essentiel pour éviter la contagion de la crise de la dette: le Fonds de secours pour les pays en difficulté (FESF), qui a servi à aider l'Irlande puis le Portugal.

L'Eurogroupe envisage d'accroître sa force de frappe pour le rendre plus «efficace», sans augmenter son volume, a indiqué M. Juncker. Divers scénarios circulent: le FESF pourrait se transformer en banque et s'approvisionner auprès du guichet de la Banque centrale européenne (BCE) sans aucune limite.

Il pourrait également jouer le rôle d'assureur auprès des détenteurs de titres de dette et couvrir leurs pertes à hauteur de 20-25% si un Etat faisait défaut ou encore, servir à garantir les rachats de dette publique de la BCE, une mission qu'elle remplit à contrecoeur et qu'elle souhaite abandonner.

Enfin, le secrétaire d'Etat allemand aux Finances Jörg Asmussen a été désigné pour devenir le nouveau chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE) en remplacement de Jürgen Stark, démissionnaire.

(ats)

«Appliquer rapidement le plan d'aide»

Le ministre japonais des Finances Jun Azumi a appelé mardi la zone euro à appliquer «rapidement» le plan d'aide à la Grèce. Selon lui, il faut rassurer les marchés et endiguer la flambée du yen face à l'euro. Ce renchérissement du yen entrave les exportations nippones.

«L'incertitude ne pourra être apaisée tant que (les pays de la zone euro) n'auront pas montré clairement au marché leur intention d'appliquer rapidement le plan d'aide à la Grèce», a déclaré Jun Azumi lors d'une conférence de presse, cité par les médias.

L'euro a chuté mardi a son plus bas niveau en dix ans face au yen, à 100,88 yens, ce qui réduit drastiquement la valeur des revenus tirés d'Europe par les groupes exportateurs nippons. «Nous assistons à une montée extrême du yen et à un affaiblissement de l'euro», a déploré M. Azumi.

Le yen, considéré comme une valeur «refuge», a fortement monté ces derniers mois en raison des inquiétudes pour l'endettement européen mais aussi des craintes pour la croissance mondiale en général. La devise japonaise a récemment atteint son record depuis 1945 vis-à-vis du dollar.

Ce renchérissement du yen entrave les exportations nippones alors que l'économie japonaise est plongée depuis la fin 2010 dans une récession, aggravée par le séisme et le tsunami du 11 mars.

Impliqué dans le FESF

Troisième puissance économique mondiale, le Japon est le deuxième plus important détenteur mondial de devises après la Chine. Il a investi des sommes conséquentes dans des obligations émises par le Fonds européen de stabilité financière (FESF), le fonds de secours aux pays lourdement endettés de la zone euro.

Tokyo a investi quelque 2,7 milliards d'euros (environ 3,2 milliards de francs), soit 20% du montant total, lors des trois premières émissions lancées par ce fonds au premier semestre afin d'aider l'Irlande et le Portugal, autres pays lourdement endettés.

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