Londres: Le Savoy, hôtel mythique, rouvre ses portes
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LondresLe Savoy, hôtel mythique, rouvre ses portes

Le Savoy a rouvert dimanche en grande pompe après une rénovation pharaonique qui a duré près de trois ans et coûté 250 millions d'euros.

Descendant en Rolls Royce «Phantom» la rue privée qui mène au prestigieux établissement, l'acteur britannique Stephen Fry, célébrité flamboyante et très anglaise, a été le premier client à être reçu au nouveau Savoy. L'artiste a été accueilli par la direction dans l'immense hall de l'hôtel, qui a gardé tout son cachet art déco malgré les importants travaux.

«Il ne s'agissait pas de transformer le Savoy mais de le restaurer. Nous voulions garder le patrimoine tout en le rehaussant», a expliqué Simon Gilkes, directeur des ventes. De nouveaux lustres en cristal de murano se reflètent désormais sur le marbre étincelant du sol, qui a remplacé la moquette défraîchie.

Dans la pièce où George Gershwin jouait pendant la Seconde Guerre mondiale, un «champagne bar» a été créé, orné de feuilles d'or pour une valeur de plus de 40'000 euros. Trente-huit suites ont été ajoutées, dont la «Suite Royal», un petit palace de 325 mètres carrés qui coûte la bagatelle de 10'000 livres la nuit (11'500 euros).

Quintessence anglaise

Plus de cent artisans ont redonné au Savoy et à ses 268 chambres leur splendeur d'antan, dont une experte de la laque à la main qui a mis près de six mois à refaire les cabines des ascenseurs. Mais l'hôtel a conservé une certaine patine qui sied à ce genre d'établissement, ainsi que sa quintessence anglaise.

Les valets droits comme des «i» ont gardé leurs queues-de-pie et hauts-de-forme, et les tableaux d'époque trônent toujours dans le somptueux «Foyer» où le Tout-Londres vient pendre un «High Tea».

Premier hôtel de luxe bâti à Londres, en 1889, le Savoy était le seul établissement du genre à avoir l'électricité. Situé près de la Tamise, en plein centre-ville, il est à Londres ce que le Ritz est à Paris: son ancien directeur est d'ailleurs César Ritz, le fondateur des établissements éponymes.

Il a vu défiler les plus grands, de Marlene Dietrich à Charles de Gaulle, de Maria Callas à Charlie Chaplin, de Claude Monet à Sarah Bernhardt, qui y tenait ses appartements. C'est en ses murs que la princesse Elizabeth y fut aperçue pour la première fois avec le prince Philip, qui allait devenir son époux.

Visionnaire

Hôtel visionnaire, le Savoy a été le premier à avoir un ascenseur, un service 24 heures sur 24 et un grand chef: le Français Auguste Escoffier, qui a fait découvrir à Londres ce que gastronomie voulait dire.

Racheté en 2005 par le groupe canadien Fairmont Hotels and Resorts, le Savoy avait fermé en décembre 2007 pour des travaux qui devaient initialement se terminer début 2009 pour un coût de 100 millions de livres (115 millions d'euros) mais le chantier s'est finalement achevé un an et demi plus tard que prévu pour un budget plus que doublé.

Le très célèbre «Savoy Grill», où Winston Churchill tenait ses quartiers pendant la Seconde Guerre mondiale, n'est en revanche toujours pas terminé. Il n'ouvrira qu'en novembre prochain. (ats)

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