Actualisé 22.01.2014 à 18:33

Suisse - WEFLe scandale de la NSA inquiète certains patrons

L'espionnage à grande échelle des Etats-Unis n'a pas laissé sans réaction certains grands patrons de la high-tech, qui se sont exprimés lors du Forum économique de Davos (GR).

Des patrons du secteur de la haute technologie se sont inquiétés, dans le cadre du Forum économique mondial (WEF) à Davos (GR), des contrecoups pour leurs entreprises du scandale de la collecte illicite de données par les gouvernements, notamment des Etats-Unis.

Les bouleversements économiques provoqués par l'avènement des nouvelles technologies sont logiquement inscrits au programme du WEF qui a commencé ses travaux mercredi dans la station grisonne.

Lien de confiance à rétablir

Ce rendez-vous annuel suit de quelques jours l'annonce par le président américain Barack Obama de la mise en place de garde-fous pour limiter les pouvoirs de la NSA, l'agence américaine de renseignement.

«Ca a été un peu le Far-West autour du monde», a commenté sur ce sujet le patron de Cisco, John Chambers, lors des débats à Davos.

«Nous devons être capables de rétablir un lien de confiance avec les utilisateurs», a renchéri Marissa Mayer, son homologue du groupe internet Yahoo! lors de la même séance de discussions, consacrée à la révolution numérique.

«La confiance a pris un coup, pas seulement aux Etats-Unis, mais aussi sur la scène internationale, dans des pays vraiment préoccupés par ce que la NSA observe», a expliqué Mme Mayer.

Séisme diplomatique

Les révélations en 2012 du sous-traitant de la NSA Edward Snowden sur le fait que l'agence américaine espionnait des communications à travers le monde à grande échelle, y compris chez ses alliés, a déclenché un séisme diplomatique.

Les utilisateurs «ont besoin de pouvoir comprendre quel type de données on (les autorités) nous demande et comment ces données vont être utilisées», a ajouté la patronne de Yahoo!

Les autorités locales aux Etats-Unis ont déjà transmis à son groupe des éléments expliquant pour quels types de cas leurs données pouvaient être utilisées, a-t-elle précisé, estimant que la NSA devrait faire de même.

Vendredi dernier, Barack Obama a annoncé son intention de réduire les pouvoirs de l'agence de renseignement NSA en réformant la collecte de données téléphoniques, sans pour autant y renoncer, et en promettant de ne plus espionner les dirigeants de pays amis.

La crise en Europe n'est pas terminée

La croissance se révèle encore trop faible et le redémarrage manque de vigueur, a noté le président du conseil d'administration d'UBS lors d'une discussion dans le cadre du Forum économique mondial (WEF) de Davos (GR).

La crise en Europe n'est pas encore surmontée, estime Axel Weber. «Je suis toujours préoccupé», a indiqué l'Allemand. Le taux de croissance de 1% prévu pour l'ensemble des pays de la zone euro provient avant tout de la performance attendue dans des Etats forts comme l'Allemagne. «La reprise ne constitue pas un motif de s'enthousiasmer», a précisé l'ancien président de la Bundesbank.

Le risque existe que l'Europe aborde l'avenir avec suffisance, craint Axel Weber. Les acteurs politiques, comme les ministres des finances, sont appelés à apporter davantage de stabilité. Mais les élections européennes en mai prochain pourraient permettre un renforcement du courant des eurosceptiques.

D'où, selon le président d'UBS, un danger réel de voir la situation se compliquer pour l'Europe politique. Le constat d'ensemble posé par l'Allemand vaut aussi pour les banques, dont la stabilité n'est pas encore suffisante partout. «Les choses paraissent meilleures qu'elles ne le sont. L'Europe n'est pas encore hors de danger.» (ats)

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