Revers pour le gouvernement: Le «Seanad Eirean» maintenu en Irlande
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Revers pour le gouvernementLe «Seanad Eirean» maintenu en Irlande

Les Irlandais ont voté samedi par référendum contre l'abolition de la chambre haute de leur Parlement.

Il s'agit du deuxième référendum perdu par le gouvernement de coalition dirigé par Enda Kenny depuis le début de son mandat en février 2011.

Il s'agit du deuxième référendum perdu par le gouvernement de coalition dirigé par Enda Kenny depuis le début de son mandat en février 2011.

Par ce vote, le gouvernement a subi un camouflet surprise, lui qui défendait cette réforme au nom de l'austérité. Le non l'a finalement emporté avec 51,7% contre 48,3% de oui, selon des résultats officiels.

Les électeurs irlandais ont dit «non» à la suppression du Sénat - le Seanad Eirean - avec 634'437 voix contre 591'937 voix pour le «oui», selon ces résultats. Lors de ce référendum qui s'est déroulé vendredi, le taux de participation s'est établi à 39,2%.

Il s'agit du deuxième référendum perdu par le gouvernement de coalition dirigé par Enda Kenny depuis le début de son mandat en février 2011. Cet échec constitue une surprise, puisque les sondages avaient pronostiqué avant le référendum une victoire du «oui».

«C'est un gros revers», a d'ailleurs admis samedi soir le ministre irlandais des Transports Leo Varadkar sur la télévision RTE.

Plus réservé, Enda Kenny a pris note du résultat et l'a accepté. Mais il a rejeté l'idée que ce résultat exprime un rejet «des partis politiques, des dirigeants, d'un gouvernement».

Il a au contraire affirmé sa volonté de poursuivre les réformes politiques. «Maintenant que le peuple a pris une décision très claire quant au Sénat, je crois qu'il est important d'examiner quelle est la meilleure façon pour le Sénat de contribuer à ce processus de réforme», a-t-il ajouté.

La proposition de supprimer cette assemblée de 60 membres, qui agit surtout comme une chambre d'enregistrement des textes adoptés par la chambre basse, était défendue par le gouvernement dans un double souci de réforme démocratique et d'économies en période d'austérité.

Appel à des réformes

Les opposants à la suppression de la chambre haute, emmenés par le sénateur John Crown, ont fait une campagne très active, pour réclamer une réforme de l'institution plutôt que son abolition pure et simple.

John Crown a réagi immédiatement après l'annonce des résultats en ces termes: «Je pense que le gouvernement devrait considérer (ce vote) comme un mandat du peuple pour réformer la politique en Irlande», a-t-il dit.

Nouveau budget

Au bord du gouffre après l'explosion de la bulle immobilière et le naufrage de ses banques, l'Irlande, ancien «tigre celtique», avait été contrainte fin 2010 d'appeler à la rescousse ses partenaires européens et le FMI. Elle avait obtenu un plan de sauvetage global de 85 milliards d'euros assorti de conditions draconiennes.

Le pays, qui est sorti depuis de la récession, souhaite quitter d'ici la fin de l'année ce plan d'aide. Il doit présenter son nouveau budget à la mi-octobre.

Le Premier ministre Enda Kenny, qui n'a cessé de dénoncer le caractère non démocratique de la chambre haute, estimait que son abolition permettrait d'économiser 20 millions d'euros. Le chef du gouvernement avait déjà fait de cette réforme une promesse de campagne aux élections législatives de 2011.

Usage restreint

Les membres du Sénat irlandais sont pour la plupart élus par des collèges d'élus locaux et d'universitaires, tandis que onze d'entre eux sont nommés par le Premier ministre.

La prérogative la plus significative du Sénat est sa capacité à retarder un projet de loi adopté par la chambre basse pour une durée de 90 jours, mais les sénateurs n'y ont eu recours qu'à deux reprises en 75 ans.

Les partisans du «non» accusaient le parti Fine Gael (centre droit) du Premier ministre de vouloir, sous couvert de faire des économies, centraliser le pouvoir, au lieu d'opérer une réforme politique plus large. (ats)

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