Actualisé 19.03.2015 à 09:17

Suisse

Le SECO abaisse sa prévision de croissance

Le groupe d'experts de la Confédération abaisse sa prévision de croissance à 0,9% pour 2015.

Les effets négatifs du franc fort seront toutefois en partie compensés par l'amélioration de la conjoncture européenne et le maintien d'une situation favorable aux Etats-Unis, selon le SECO.

En 2016, le produit intérieur brut (PIB) devrait progresser de 1,8%, selon les chiffres publiés jeudi par le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). Le groupe d'experts de la Confédération, auquel le SECO se réfère pour ses prévisions trimestrielles, tablait en décembre sur une croissance du PIB de 2,1% en 2015 et 2,4% en 2016.

La forte appréciation du franc après l'abolition du cours plancher de l'euro «a été suivie d'une détérioration de nombreux indicateurs conjoncturels», relève le SECO.

Consommation en zone euro

Les experts s'attendent toutefois à des impulsions positives en provenance de la zone euro, où la reprise économique «s'est légèrement accentuée durant la seconde moitié de 2014». Elle devrait encore accélérer au cours des prochains trimestres, en particulier en Allemagne et en Espagne, profitant d'un climat de consommation favorable. Le PIB devrait croître de 1,4% en 2015 et de 1,7% en 2016.

Le SECO note cependant que certains pays de l'union monétaire peinent encore à sortir de l'endettement et que des incertitudes demeurent quant au sort de la Grèce. L'économie helvétique pourrait être encore davantage affaiblie si la thèse d'une amélioration en zone euro ne se vérifiait pas, mettent en garde les experts.

Autre facteur favorable pour l'économie suisse, la bonne situation conjoncturelle aux Etats-Unis. Le taux de chômage a atteint en février son plus bas niveau depuis le début de la crise financière, à 5,5%, rappelle le SECO. La croissance s'est nettement accélérée au second semestre de 2014 pour atteindre 2,4% et elle est attendue à 3,2% en 2015.

Les autres régions du monde affichent un tableau contrasté. Après une brève récession, le Japon voit son activité progresser depuis le dernier trimestre 2014 et profite notamment de politiques monétaire et budgétaire accomodantes. L'économie chinoise demeure robuste, mais le niveau de développement qu'elle atteint laisse présager une croissance structurelle plus faible à l'avenir.

Le pétrole fait baisser les prix

En Russie, la situation reste difficile et les prévisions annoncent un recul du PIB entre 3% et 3,5%. L'instabilité politique et les sanctions économiques liées aux tensions avec l'Ukraine ont plongé le pays «dans une profonde récession». Difficultés auxquelles s'ajoute la forte baisse du prix du pétrole.

Le recul des prix du brut a cependant une incidence positive pour de nombreux pays, notamment les pays importateurs de pétrole, stimulant ainsi la conjoncture mondiale. Parallèlement, il freine le renchérissement, ce qui augmente les risques de déflation.

Dans ce contexte, malgré «le caractère insolite de la situation» liée au choc monétaire, le franc fort ne devrait pas entraîner un recul marqué de l'activité économique en Suisse. Aux facteurs internationaux énumérés plus haut s'ajoutent de bonnes perspectives démographiques, liées au maintien d'un solde migratoire net positif.

Risque d'aggravation pour le tourisme

La balance commerciale devrait en revanche avoir un impact négatif sur la croissance. Une partie de l'industrie d'exportation et le secteur du tourisme pâtissent déjà du renforcement du franc, depuis la décision de la Banque nationale suisse (BNS) d'abolir le taux plancher de 1,20 franc pour un euro le 15 janvier.

«Toute appréciation supplémentaire aurait pour ces secteurs des conséquences graves», avertit le SECO.

L'affermissement de la devise helvétique aura en outre un effet significatif sur l'inflation. En janvier et février, l'indice des prix à la consommation s'est replié respectivement à -0,5% et -0,8%, par rapport aux mêmes mois de l'an passé. Pour l'année en cours, le recul devrait être de -1%, puis les prix devraient à nouveau augmenter de 0,3% en 2016.

Au niveau de l'emploi, l'effet du ralentissement conjoncturel sur le taux de chômage «ne devrait être que marginal et passager», même si certaines branches pourraient connaître des «difficultés majeures». Les experts prévoient ainsi une hausse modérée du taux de chômage à 3,3% en 2015, contre 3% estimés en décembre. En 2016, il devrait se fixer à 3,4%, au lieu de 2,8%. (ats)

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!