Actualisé 17.03.2016 à 11:43

SuisseLe SECO baisse ses prévisions de PIB

La croissance trimestrielle du produit intérieur brut a été estimée à 1,4% contre 1,5% en décembre dernier.

photo: Keystone

Le SECO a revu à la baisse sa prévision trimestrielle de croissance du PIB suisse pour cette année. Il la chiffre désormais à 1,4%, contre encore 1,5% en décembre dernier, même si les effets du franc fort devraient progressivement s'estomper.

Pour 2017, le groupe d'experts du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) a également réduit sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB), à 1,8% contre 1,9% il y a trois mois, selon le communiquépublié jeudi.

Les effets négatifs du taux de change devraient toutefois s'estomper graduellement, et permettre un redressement progressif des secteurs particulièrement exposés à ce problème comme l'industrie, le commerce et le tourisme. Parallèlement toutefois, la croissance mondiale ne donne pas de signe clair d'accélération depuis le début de l'année.

Reprise ralentie

Au vu de cette évolution, le groupe d'experts du SECO se montre encore prudent, et révise même légèrement à la baisse ses prévisions. Il prévoit désormais une croissance du PIB de 1,4% cette année, contre 1,5% il y a trois mois, qui passerait à 1,8% en 2017, contre 1,9% prévu en décembre.

Reste qu'en comparaison d'autres prévisionnistes, ce groupe d'experts fait preuve d'un certain optimisme. Pour 2016, et pour ne citer qu'eux, ceux des instituts conjoncturels KOF et BAKBASEL ainsi que des grandes banques Credit Suisse et UBS ne prévoient qu'une croissance du PIB entre 0,8 et 1,1% dans leurs récentes estimations. Et pour 2017, ils sont unanimes à tabler sur 1,5%.

Chômage en hausse

Quant à la Banque nationale suisse (BNS), qui ne se prononce pas sur 2017, elle table aussi sur un ralentissement de la reprise en Suisse. Du coup, elle a ramené, jeudi également sa prévision de croissance d'«environ 1,5%» précédemment à «entre 1% et 1,5%», soit une fourchette relativement large.

Sur le marché du travail, le nombre de personnes au chômage inscrites auprès des offices régionaux de placement a augmenté d'un millier par mois environ (après élimination des influences saisonnières) l'année dernière, constate le groupe d'experts.

En moyenne annuelle, le taux de chômage devrait ainsi grimper à 3,6% en 2016, après 3,3% en 2015. Il devrait à nouveau afficher une petite décrue en 2017, à 3,5%.

Risques multiples

Pour le groupe d'experts, plusieurs risques conjoncturels ne doivent également pas être perdus de vue. Jusqu'ici, les Etats-unis et l'Europe, notamment en Allemagne et en Suisse, ont bien résisté à la perte de dynamisme du commerce mondial et à la situation tendue dans plusieurs économies émergentes.

Néanmoins, «une certaine contagion ne peut pas être exclue et représente actuellement un risque conjoncturel important», écrit le SECO.

La crise des migrants à laquelle doit faire face le continent européen est pour sa part qualifiée de «risque supplémentaire majeur (et) l'actuelle incapacité de trouver une solution commune et pérenne augmente l'incertitude et devrait peser à moyen terme sur le climat de consommation et d'investissement tant en Suisse que dans la zone euro».

De plus, la stabilité politique et économique de l'Union européenne est aussi menacée par l'éventualité d'une sortie du Royaume-Uni. Tant ce «Brexit» que la crise des migrants pourraient affaiblir l'euro et encore renforcer la pression sur le franc suisse, estime le groupe d'experts. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!