Actualisé 12.06.2012 à 07:45

ConjonctureLe SECO relève à 1,4% sa prévision de croissance

Le SECO a relevé sa prévision de croissance du PIB de la Suisse pour 2012 à 1,4%, contre 0,8% estimé il y a trois mois. Pour 2013, il table sur une hausse de 1,5%, soit quelque peu moins élevée qu'attendu en mars dernier (1,8%).

Le SECO relève sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) de la Suisse pour 2012 à 1,4%, contre 0,8% estimé il y a trois mois. Pour 2013, il table sur une hausse de 1,5%, contre 1,8% précédemment. Sur le marché du travail, l'embellie ne sera que de courte durée.

«La nette correction à la hausse des prévisions pour l'année en cours est due quasi exclusivement à l'évolution positive, meilleure qu'attendu, observée au semestre d'hiver 2011/2012 et non pas à une évaluation plus optimiste des perspectives conjoncturelles», note le groupe d'experts de la Confédération dans un communiqué publié mardi par le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).

Selon lui, il faut qu'une condition importante soit remplie pour que l'évolution conjoncturelle reste positive, à savoir que la crise de la dette souveraine dans la zone euro ne s'aggrave pas davantage. Le groupe d'experts estime qu'une propagation incontrôlée à d'autres pays pourra être évitée.

Pression réelle

Grâce à une conjoncture intérieure robuste et à une industrie d'exportation plutôt résistante, l'économie suisse tire mieux son épingle du jeu que prévu, face à la vigueur du franc et à la récession affectant un grand nombre de pays de l'Union européenne, ajoutent les experts. La situation n'en reste pas moins tendue et la pression élevée sur les marges bénéficiaires pour différents secteurs et plusieurs entreprises exportatrices.

Dans le détail, la consommation privée devrait croître de 1,7% cette année. Les investissements dans la construction devraient augmenter 2% et ceux dans les biens d'équipement de 0,5%.

Le groupe d'experts s'attend à une progression des exportations de 1,4% en 2012 et de 4% en 2013. Les importations devraient augmenter de 2,5% en 2012 et 3% en 2013.

A titre de comparaison, les dernières prévisions de croissance du PIB pour 2012 s'élevaient à 0,3% pour le Créa, à 0,5% pour le Credit Suisse, à 1,3% pour l'UBS, à 1,5% pour l'institut BAKBASEL, à 1% pour le KOF et à 0,9% pour economiesuisse. La Banque nationale suisse (BNS) n'actualisera les siennes que jeudi. En mars, elle annonçait un taux de 1% pour 2012.

Marché du travail en santé

Au niveau de l'emploi, la croissance sera de 1,2% en 2012 (dernière prévision 0,6%), mais la progression ne sera que de 0,6% en 2013. Sur le front du chômage, le taux devrait s'élever à 3,2% en 2012 et remonter à 3,4% en 2013.

Le groupe d'experts constate que le marché du travail continue à afficher une bonne santé en regard «des soubresauts conjoncturels». Mais selon lui, le taux de chômage pourrait légèrement progresser durant le reste de l'année, sachant que de nouveaux licenciements pourraient notamment grever des secteurs économiques, comme certains pans de l'industrie d'exportation, le tourisme mais aussi le secteur financier.

(ats)

Le Créa beaucoup moins optimiste

L'institut Créa de macroéconomie appliquée de l'Université de Lausanne est beaucoup moins optimiste que le SECO. Selon sa directrice adjointe, Délia Nilles, la croissance ne devrait s'élever qu'à 0,3% en 2012 car la consommation ne pourra pas continuer seule à soutenir l'économie suisse.

«Nous sommes dans une période particulièrement difficile pour établir des prévisions. La situation évolue pratiquement différemment tous les jours», a déclaré mardi Délia Nilles pour expliquer les écarts importants de prévisions entre les différents instituts spécialisés.

Le Créa fait partie des plus sceptiques avec une faible croissance attendue en 2012 ( 0,3%) et en 2013 ( 0,8%). «La consommation privée soutient actuellement l'économie suisse car les exportations sont en baisse et les investissements commencent à fléchir», note sa directrice adjointe.

Selon Délia Nilles, les dernières annonces de suppressions d'emploi pourraient avoir un impact sur le moral des consommateurs, qui est très influencé par la situation du marché du travail, et donc par conséquence sur la consommation.

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